Ode au vin de Cahors

… ce vin un peu âpre au gosier… mais qui manque tellement à tout lotois expatrié, car il est presque impossible de trouver autre chose qu’une horrible piquette trafiquée quand on est loin du terroir 😦

Les vendanges du temps jadis

C’est sous le sceau du secret que mon acolyte Antonin m’a narré ses premières vendanges sur un vignoble pentu que le phylloxéra avait épargné. Un lopin de terre, à dix lieues de ses pénates, dont le sol karstique n’attirait que les empuses et les lucanes cerf-volant. On se serait cru sur un plateau aride du Kirghizistan tellement la nature est hostile. La vigne était souffreteuse, les ceps noueux et les entre-nœuds guère généreux. Bref, cela faisait un vin de Falerne dont les vertus empyreumatiques étaient limitées. Il plaisait à son vigneron qui emmarait ses tonneaux quand venait l’heure du soutirage, et c’était bien là l’essentiel ! Son propriétaire ignorait l’ampélologie, mais n’était pas pour autant atteint d’hypogueusie comme le sont ces buveurs d’étiquettes qui paradent dans les estaminets de la vallée d’Olt et d’ailleurs. Les vendanges du Père Armand, c’était faire pisser le guinguet et culbuter les donzelles qui n’entendaient pas lâcher le grappillon de sitôt. À l’époque, on ne connaissait pas la tempérance, mais on mettait toujours un peu de verdot dans les assemblages, le vin n’en était que plus agréable au gosier. Antonin regrette le temps béni où, sur son haquet, il n’était pas soumis par la maréchaussée aux tests d’alcoolémie. Imaginez si on avait dit à son cheval de trait : « soufflez ! ». Les gendarmes en auraient été quittes pour une rebuffade et peut-être même pour un coup de sabot ».

Ce texte de Jean-Pierre Alaux a été proposé hier 1er mars, en dictée à la Villa Malbec, inaugurée en juillet dernier, mais l’article du journal ne précise pas quel en a été le meilleur score 😉

D’autres textes du terroir sur ces pages personnelles, d’un amoureux du vin, découvertes par hasard 😆

Bonnes lectures !

Mise à jour du 3 mars :

… quelques idées du nombre de fautes à la dictée sont enfin disponibles ici 😆

5 réflexions sur “Ode au vin de Cahors

  1. Pour ce qui est de la dictée, il est bien quelques mots sur lesquels je me serais entravée comme sur les cailloux blanc du Quercy du même nom… Entre nous, un bon Cahors, un bon petit cabécou et du pain frais, c’est peut-être pas le bonheur, mais ça y ressemble non?…

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  2. 😉 cette définition du bonheur me convient parfaitement !
    Pour ce qui est des fautes, je n’ose imaginer leur nombre si j’avais eu à plancher sur ce texte… c’est ce qui nous guette à tous car on ne lit plus assez 😦

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