1950, aux eaux de Bordjomi (Géorgie)

Située en Samtskhé-Djavakhétie, la Vichy du Caucase abrite, sept kilomètres vers l’ouest, au bout d’une mauvaise route étroite qui serpente dans la forêt, le palais Likani, au bord de la rivière Kura, résidence d’été du grand-duc Nicolas Mikhaïlovitch de Russie, devenue, à sa mort, propriété d’état fréquentée par les divanprincipaux responsables soviétiques, dont le Père des peuples Iossif Djougachvili, appelé Koba après son premier exil en Sibérie, puis Joseph Vissarionovitch dit Staline.

Lors d’un des réaménagements de la datcha, la salle de bal a été transformée en salle de cinéma pour l’amateur de cognac et de films américains qu’est l’homme d’acier, qui, sur la fin de sa vie, semble hanté par le suicide de Nadejda Allilouïeva, ne fume, dans sa pipe Dunhill qu’il ne nettoie jamais, que du tabac de Géorgie prélevé de la blague que lui a offerte Winston Churchill, et un mystérieux divan a fait son apparition dans le bureau, identique à celui de Freud, le charlatan décadent viennois, à Londres, recouvert des mêmes kilims aux motifs géométriques (sur le canapé et) sur le mur…

Ce qu’il a réclamé, ce sont des livres interdits : L’interprétation des rêves, Histoires de malades et le Conte du Tsar Saltan de Pouchkine…

Sur fond de guerre de Corée, que deviendra le projet de monument d’éternité du camarade-artiste Danilov ? Vous saurez tout en lisant le livre, je n’ai pas vu le film, pas sorti en salle dans ma campagne 😉