De la confiance…

Tout le monde sait le grand bien que m’inspire mon pas supermarket local (c’est révélateur, mais je m’interrogeais encore ce matin sur le comment son propriétaire avait fait pour penser pouvoir y écouler un lot conséquent de farine polonaise en fin de possibilité d’être commercialisé, resté en rayon plus d’un mois après sa DLUO, et d’ailleurs dans quels biscuits industriels de la marque-repère de l’enseigne cette farine est-elle passée ?), mais je ne m’étais pas encore posé de question sur l’ambitieuse boutique-primeur (et plus) du village ouverte l’an dernier après le premier confinement…

Les nouveaux propriétaires avaient avoué à la presse locale que leur projet de vie saine était le fruit d’une reconversion professionnelle… soit, entre les lignes, « nous ne sommes pas du métier et nous n’y connaissons rien », mais comme il ne faut qu’un capital (le CAP primeur n’est pas obligatoire, alors que celui de boulanger l’est pour ouvrir une boulangerie) et accessoirement une bonne connaissance de la réglementation sanitaire en vigueur, pour ouvrir un magasin de primeurs, alors on tente… un peu plus d’un an plus tard qu’en est-il ?

Si globalement c’est resté ordonné et correct, ils ont toutefois dû s’adapter à une clientèle très traditionaliste et revoir à la baisse leur envie de partager une certaine ouverture d’esprit propre aux gens habitués au brassage culturel de la ville dans une terre vigneronne (dont les gros propriétaires eux, ne consomment pas dans la commune) qui ne jure que par le vin et le canard d’ici, et qui, à mon arrivée dans le village, n’avait jamais goûté à un litchi (j’avais dû les commander à leur prédécesseur de l’époque) mon fruit-plaisir au moment des fêtes de fin d’année, sans parler de toutes les fantaisies et lubies culinaires dont je suis friande et coutumière 😉

Par contre, après s’être faits avoir par leurs fournisseurs qui leur ont vendu sans scrupule la marchandise dédaignée par les primeurs de métier, plus regardants et attentifs à la maturité de leurs fruits, je trouve qu’ils se sont un peu améliorés (les melons sont cette année comestibles, contrairement à l’an dernier où j’avais tenté la tarte au melon et la confiture autres fruits et melon pour ne pas les mettre au compost), même dans l’art d’emballer correctement les petits rocamadours, et aussi malheureusement bien adaptés à certaines pratiques commerciales douteuses et risquent ainsi de perdre leur capital confiance : si je suis une adepte de l’achat « au plateau » de fruits qui n’aiment pas être manipulés (habitude privilégiée par le prédécesseur déjà cité, qui exposait des piles de petits plateaux pour les vendre) cela ne veut pas dire que je ne sais pas ce qu’est une tare, et que 70g ici, plus 60g par-là, au final cela fait une pêche en moins, que j’ai payée (en CB, et sans ticket de caisse, là aussi, je veux bien qu’ils économisent sur les impressions de papier, mais cette pratique est louche) et que je ne mangerai pas, ni que je ne sais pas qu’une DLUO avril 2021 ne devrait plus être en rayon en août, bon, je vais relativiser compte-tenu de l’été pourri que nous avons, il n’y aura pas de miel cette année, et je préfère un bon miel périmé à un miel au sirop de glucose vendu à prix d’or (bien que je ne sois pas 100% sûre de mon dernier achat, j’ai dans ma réserve secrète le dernier pot de la même variété de miel habituellement liquide, acheté à un producteur local, il a perdu ses abeilles depuis, qui, bien que plus périmé est moins granuleux) qui va envahir les rayons à très grande échelle ! 😉

Ceci dit, comme tout le monde ment… des plus hauts dignitaires du pays au citoyen lambda, alors je vais peser mes plateaux vides, noter leur poids (suivant qu’il s’agisse ou non de carton, avec et sans les alvéoles en plastique) sur un post-it que je leur donnerai à ma prochaine visite sans commentaire (juste une petite attention bienveillante, on ne peut pas tout savoir) et signalerai que le rayon du miel est à revoir… en attendant, musique avec Les amants du $aint-Argent par Accordémon, le troubadour élevé à l’air libre dans notre sud-ouest !