Tout est bien qui finit bien

Tout avait, bien sûr, commencé un soir de pleine lune, lors d’une promenade nocturne, par une brève rencontre au détour d’une rue du village…

Bien qu’il était évident que l’animal cherchait le contact, l’échange fut bref, ne voulant pas de scène de ménage à mon retour de la part de mon propre félin domestique, lui-même issu de la rue, qui sonna à ma porte, d’un miaou discret, un soir d’octobre 2015, alors que je fermais mes volets sur rue. J’avais rapidement pesé le pour et le contre en descendant l’escalier pour lui ouvrir, et savais pertinemment que j’en prenais pour 15 à 20 ans de contraintes en échange d’une présence exclusive et ronronnante et de quelques chasses à la mouche (et oui, on ne fait pas que pêcher à la mouche !) ou au papillon (voir l’histoire => ici).

J’avais ensuite retrouvé cet angora, 15 jours plus tard, dans un jardin ami en allant y relever le courrier (et trier ce qui nécessitait une réexpédition des publicités qui pouvaient attendre le retour de leur destinataire) et la maigreur (une peau trop grande sur des os) de l’animal, en comparaison avec mon castré-coin du feu et bien nourri, m’a incitée à lui porter presque quotidiennement un peu de nourriture pour échapper à l’éventualité de le retrouver les pattes raides et de devoir lui creuser une tombe.

A son retour la propriétaire du jardin m’a expliqué que cette présence pleine d’espoir (que la porte de la maison s’ouvre pour elle) lui rappelait de trop mauvais souvenirs des chats errants du village ayant colonisé les lieux du temps des anciens propriétaires, nourris de têtes de poissons généreusement jetées par-dessus le portail par la population locale… et qu’il fallait lui trouver une solution durable.

Nous avons un refuge dans les environs, la responsable, contactée par mes soins devait alerter sa bénévole sur le village, et comme pendant 2 jours celle-ci ne semblait pas joignable, nous avons opté pour la possibilité de capturer l’animal nous-mêmes et de l’amener chez le vétérinaire du bourg voisin où il serait ensuite récupéré pour rejoindre la ferme des rescapés. Dont acte, je suis montée nourrir une dernière fois la minette (c’est une fille), munie de la caisse de transport de mon chat, et comme elle avait confiance en moi, je n’ai eu aucun mal à la mettre en cage, puis dans le coffre qu’elle n’a pas aimé, ayant très bien compris que la propriétaire des lieux ne voulait pas d’elle. Une fois arrivée chez l’homme de l’art la bête n’a plus pipé mot miaulement, comme si elle savait que sa situation allait enfin être sérieusement prise en compte et traitée. Après examen, l’animal, bien convoyé au refuge, est relativement en forme, parfaitement sociable, ni tatoué, ni pucé, on ne pourra donc jamais savoir quel accident dans sa vie lui a fait connaître l’épisode SDF qui s’est bien terminé !

Fort heureusement, je n’ai jamais tenté un rapprochement avec mon animal de compagnie, son poil hérissé quand il a inspecté sa caisse à mon retour m’a confirmé ce que je savais déjà, à savoir qu’il n’est pas du tout disposé à partager sa 2 pattes domestique pas plus que son espace vital ! 😉