Les forçats des temps modernes

Sont-ils, eux aussi, en acier trempé ? La seule chose que je vois, en plus de la dangerosité de leur métier, c’est qu’ils n’ont même pas un casque pour protéger leurs oreilles quand ils sont à la presse (deuxième partie de l’atelier, moins mécanisée) et que l’on ne nous dit pas à quel âge ils seront complètement sourds…

Mais, l’ingéniosité des humains semble sans limites, quand ils utilisent leurs talents à autre chose qu’à faire la guerre, si l’on pense aux petits génies capables de pondre des programmes pour piloter cette machine de précision…

On est bien loin de la forge dans laquelle j’ai joué durant quelques années (le propriétaire nous avait gentiment expliqué ce qu’il y faisait et avec quels outils) et dont ma description, avec le bruit et les odeurs de mon imagination débordante, m’avait valu un zéro pointé au devoir de français Décrivez un métier, que j’avais rendu en classe de 6ème (et pour lequel la professeur n’avait même pas pris la peine de me demander quelle avait été ma source d’inspiration), au motif que « j’avais copié dans un livre », mensonge éhonté affirmé péremptoirement à haute voix devant toute la classe !

Inutile de vous dire, qu’après les pages d’écriture en retenue du CM2, parce qu’ayant appris à écrire dans une autre académie, on y traçait deux lettres d’une longueur différente que dans la nouvelle, ce zéro non mérité, je m’étais jurée de le venger et que je n’ai eu de cesse de trouver enfin, après une longue attente, le bon devoir que j’allais pouvoir recopier mot pour mot dans le livre de lectures en ma possession (et d’ailleurs elle n’y avait vu que du feu) ! Les humiliations injustifiées de l’enfance (et toujours non digérées) auraient-elles aussi forgé mon caractère ? 😉