Livraison

C’est une des nouveautés de la bibliothèque locale que j’ai attendue très longtemps… l’emprunteur précédent étant parti en vacances prolongées en Grèce avec elle. Qui, dans ma campagne, peut être, à la fois, attiré par le sujet du livre de Natascha Wodin et l’emmener à l’étranger ? Mystère ! J’ai beau chercher dans ma mémoire professionnelle, personne ne semble avoir un tel profil, mais bon, même si j’ai croisé un grand nombre de mes concitoyens avec leurs soucis et leurs histoires, je ne peux pas prétendre tous bien les connaître !

Je n’attendais pas de ce livre qu’il solutionne les énigmes de ma propre famille, ni qu’il m’apporte des réponses aux questions que je continuerai à me poser, tout en sachant que plus personne ne pourra m’aider à les solutionner, et qu’il me faudra bien l’accepter un jour ou l’autre…

Par contre, alors que, dans ma tête, les déportations d’esclaves potentiels se faisaient de manière désordonnée et dans un grand flou absolument pas artistique, mon père ne s’étant jamais exprimé sur le sujet, ce livre m’a permis de clarifier un peu l’organisation nazie de ces déplacements de populations et du sort qui les attendait.

Différence notoire aussi, à la libération, face à l’incertitude concernant l’accueil qui lui serait réservé s’il rentrait dans son pays, il a préféré se tourner vers un possible avenir meilleur ailleurs, loin de l’Allemagne, et n’a jamais revu sa famille avec laquelle il a toutefois correspondu épisodiquement jusqu’à son décès.

Ce n’est qu’en 2006 que j’ai pu, en compagnie de mon plus jeune frère, rencontrer pratiquement tous (un seul travaillait en Espagne cet été-là) nos cousins polonais, côté paternel (l’histoire côté maternel est beaucoup plus compliquée et nous avons dû renoncer à en savoir plus), il ne nous restait qu’une dernière tante encore en vie, et ce, malgré la barrière de la langue puisque les parents avaient choisi, pour notre bien, de tirer un trait sur leur passé en nous dispensant de l’apprentissage de celle qu’ils n’employaient plus.

Pour en revenir au livre, j’ai adoré la recherche des survivants et ses surprises grâce aux méandres de l’internet russe, objet de sa première partie, j’ai lu avec intérêt la seconde partie consacrée à la découverte du contenu des cahiers rédigés par sa tante Lidia, ainsi que la troisième traitant plus du quotidien réel des pays occupés pendant la guerre, la quatrième et dernière, consacrée à la lente dégradation psychologique de sa mère m’a, par contre, un peu mise mal à l’aise… toutefois ce n’est qu’une opinion subjective de ma part, que vous avez tout à fait le droit de ne pas partager 😉