Bienvenue en Absurdistan

Alors que je viens d’achever la lecture du dernier livre de Delphine de Vigan, Les enfants sont rois, dont le thème met en lumière le sort peu glorieux que des parents, en quête de popularité, infligent (sans se soucier des conséquences, du moment que l’argent rentre dans leurs caisses) à leur progéniture (situation qui inquiète l’OPEN, observatoire de la parentalité et de l’éducation numérique, si j’en crois la publication de France Inter, d’août 2018, intitulée Les enfants stars sur YouTube, une mine d’or trop peu encadrée, et qu’une proposition de loi pour donner un cadre juridique aux enfants « influenceurs » sur internet a été adoptée par l’Assemblée en octobre 2020), je dois retourner à la bibliothèque municipale, ne serait-ce que pour le rendre (avec Elle venait de Marioupol, de Natascha Wodin dont j’ai parlé => ici) et, à cette seule idée, la douleur et la rage impuissante ressenties lors de leur emprunt me reviennent subitement à la gorge.

Comme j’ai toujours le goût et l’odorat, ne me suis jamais sentie fiévreuse (je suis habituellement un animal à sang froid et donc ne survivrai pas à une petite pointe à 40°C si je suis déjà très mal en point à 37°5), les autres symptômes restant trop aléatoires et communs après une vie de labeur pour être caractéristiques, je fais de la résistance aux diktats des gestionnaires de la crise sanitaire concernant la (pseudo) vaccination non obligatoire mais insidieusement imposée, tout en respectant scrupuleusement les bons gestes au quotidien, en fuyant la foule et en me pliant aux avis affichés à l’entrée des lieux clos que je fréquente encore par obligation (la société de service n’existe pas à la campagne). Je demande par mail les livres que je veux emprunter avant de me rendre physiquement à la bibliothèque, comme indiqué dans les consignes reçues dans ma boîte aux lettres numérique en l’absence du Pass sanitaire (j’ai toujours refusé de grever le budget déficitaire de la sécu avec le test de complaisance pour pouvoir aller manger au restaurant -j’ai un panier à pique-nique- quand il était encore gratuit et ne vais pas maintenant payer pour me faire triturer le nez avant d’aller à la bibliothèque) pour être ensuite confrontée au cerbère de l’entrée qui s’est senti pousser les ailes de l’abus de pouvoir depuis qu’on lui a dit qu’il fallait contrôler le-dit Pass que je ne pourrais, de toute façon, pas afficher sur un téléphone portable que je n’ai pas, parce qu’il y a des zones blanches dans le village et que je vis dans l’une d’elles…

Ancien membre du personnel de santé, en 42 ans de bons et loyaux services, je n’ai jamais considéré aucun des malades, hautement contagieux ou moins, que j’ai dû côtoyer quotidiennement (sans combinaison de protection, ni masque, ni gants) comme un pestiféré… et c’est bien, actuellement, ce que je suis devenue (il serait si simple d’ouvrir le sas de dépôt et celui d’emprunt, fonctionnels lors du premier confinement, je n’aurais même pas à franchir le seuil de la porte) au point que je me demande si je vais me fendre d’un mail pour une nouvelle réservation ou si je vais simplement rendre les 2 livres en instance de départ (un jour où je sais la bibliothécaire en chef présente -elle a bien fait de me dispenser du renouvellement de ma cotisation- et le cerbère absent) et m’abstenir d’y retourner pour me consacrer à relire le contenu de ma bibliothèque personnelle en entamant le tri nécessaire que toute personne vieillissante et sensée se doit de faire en prévision d’une échéance plus ou moins brève, car, à moins d’un geste désespéré, personne (malgré toutes ses assurances et vaccins) ne sait jamais, ni le jour, ni l’heure !

On n’aurait jamais dû supprimer les hygiaphones autrefois existants, et je vous laisse avec feu-le groupe Téléphone, pour aller me faire un gâteau extra-light à la courgette et au chocolat noir 😉