To ostatnia niedziela

Incontournable tube polonais d’avant la seconde guerre mondiale (en français : C’est le dernier dimanche), ce tango de 1935 a fait le tour du monde depuis, avec les paroles de Zenon Ludwig Friedwald, sur une musique de Jerzy Petersburski, interprété d’abord par Mieczysław Fogg. Il est aussi, en plus des reprises, utilisé parfois dans sa mouture originale au cinéma…

La dernière fois où j’ai entendu ce thème ? Voyons cela… c’est lui qui m’a réveillée (avec une furieuse envie de rire) lors d’une expérience irrésistiblement soporifique provoquée par le visionnage de la coquette coproduction franco-russe Raspoutine, signée en 2011 par Josée Dayan (en replay sur Arte jusqu’au 18 mars 2022), pour qui, mon profond respect se trouve désormais un poil écorné par cette erreur d’importance puisque Grigori Efimovitch Raspoutine qui a été assassiné le 17 décembre 1916 (les Romanov, eux, l’ont été dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, à Ekaterinbourg), soit 19 ans plus tôt, n’a jamais pu danser sur sa mélodie… J’ignore si Gérard Depardieu l’avait fait avant d’interpréter ce rôle.
Bien sûr, je n’ai pas étudié les autres musiques additionnelles. Elles me parlent beaucoup moins que celle-ci, qui fait partie des titres si mélancoliques qu’on les accuse d’avoir provoqué de nombreux suicides et que, pourtant, je fréquente sans souci de manière régulière depuis le début des années 80, la première du genre étant la hongroise Szomorú vasárnap (Sombre dimanche), du pianiste Rezső Seress sur des paroles de Jávor László, sortie en 1933 (et déjà évoquée ici, qui fut aussi interprétée par Mieczysław Fogg en 1936 sous le titre Smutna niedziela, attention, ça gratte un peu) qui, elle aussi a fait plusieurs fois le tour du monde. 😉

Ne vous laissez pas gagner par la mélancolie, c’est bien le dernier dimanche grisailleux, pour ne pas dire carrément pluvieux, de 2021 (que l’on peut oublier avec le Live d’Amor de 2004 au Grand Rex de Cesaria Evora), mais… Noël est passé, et, bonne nouvelle, les jours rallongent ! 😉

20 réflexions sur “To ostatnia niedziela

  1. Bonjour Agathe,
    ma grand-mère, qui était polonaise, devait connaître cet air-là même si elle est arrivée en France dans les années 20… je ne sais pas, elle ne m’a rien transmis, sauf les ponchkis qui sont tellement bons…

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    1. Bienvenue à toi !
      Pour la chanson, tout dépend si elle avait gardé des liens étroits avec la Pologne… parce que le gramophone et les galettes de cire en provenance de l’étranger devaient être rares en 1920, tout juste après la guerre ?
      Ces sublimes beignets, la seule grand-mère que j’ai connue ne savait pas les faire, c’était ma marraine qui les faisait : quand j’arrivais avec le pot de confiture de pétales de roses, elle savait qu’il devrait y en avoir au congélateur à ma prochaine visite ! 😉
      J’en ai parlé plusieurs fois sur ce blog, il se peut même qu’il y ait une recette => https://agatheb2k.wordpress.com/?s=p%C4%85czki+

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  2. Bonjour Agathe

    Et toujours cette formidable érudition et qualité d’écriture qui rendent tes pages web si savoureuses à consulter, quand bien même le sujet abordé n’est pas d’un entrain folichon, folichon en diable et encore moins au cœur de nos préoccupations ou centres d’intérêts : « Incontournable tube polonais d’avant la seconde guerre mondiale (…) » : Scrogneugneu, fallait l’oser l’écrire et l’assumer ; et sans complexe avec ça. Au moins, notre culture y gagne-t-elle en diversité, en épaisseur et en consistance.
    Merci, inlassable curieuse et expérimentatrice, pour tous ces si différents sujets abordés. Tu es une véritable encyclopédie vivante.

    Je te souhaite une bonne semaine
    et de bonnes fêtes de fin d’année

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    1. Léo, si tu n’existais pas déjà, il faudrait t’inventer !!! 😉
      Merci pour la pommade, mais le titre de la chanson collait pile-poil avec le calendrier, alors chanson triste ou pas, je n’ai pas pu résister au plaisir de la dépoussiérer un peu (parce qu’elle faisait, en plus, partie de la BO de Raspoutine), je l’écoute depuis 40 ans sans effets secondaires,…
      Mais pour l’avant-guerre, 1935 c’était loin, en voici une autre du même interprète, tu verras que l’ambiance en Pologne, en été 1939, était plutôt à l’insouciance alors que le bruit des bottes se faisait déjà entendre de l’autre côté de la frontière… 😦

      Toi aussi, passe de bonnes fêtes de fin d’année, à bientôt ! 😉

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      1. Ça au moins, ça a franchement de la gueule. C’est très agréable à écouter, c’est entraînant, joyeux. Et même sans rien comprendre au polonais (je m’excuse), ça nous raconte une belle histoire. Enfin, je parle de l’histoire imaginaire qu’on se raconte en l’écoutant. Pas de celle qu’illustre la chanson sur la fin de la vidéo…
        Eh tiens, à propos, en parlant de la Pologne, ta vidéo me rappelle un fait historique que j’ai découvert en lisant l’« Histoire des codes secrets » de Simon Singh (un best-seller en la matière). Ce sont les mathématiciens polonais d’une université polonaise qui ont commencé à travailler d’arrache-pied sur les méthodes de décryptage de la machine Enigma avant la Seconde Guerre Mondiale. Ils ont même créé les premières machines électromécaniques d’aide au décryptage (les « bombes cryptographiques »). Ce n’est pas Alan Turing et ses équipes les pionniers ! Pour autant, aucun d’entre eux n’a été convié à Bletchley Park en Angleterre, le principal cite de recherche en cryptographie durant la guerre. 🎄😉

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        1. Entièrement d’accord avec toi pour les images de la fin de la vidéo, d’ailleurs elles ne sont sûrement pas d’époque mais empruntées à des films, peut-être (je ne suis pas spécialiste des uniformes et armes) ?
          Concernant Enigma, tu prêches une convaincue… ça, je le sais depuis très longtemps.
          Les Alliés ce sont bien moqué de la situation en Pologne (et pendant les 2 guerres d’ailleurs), qui n’avait pas un De Gaulle en exil. Les résistants polonais les avaient aussi alertés sur la réalité des camps et tous les dossiers qu’ils leur ont fait parvenir ont été « perdus » dans des archives secrètes… Pense aussi qu’après le procès de Nuremberg, les USA ont récupéré pas mal de médecins nazis parce que l’on ne pouvait pas laisser périr en prison autant de matière grise… mais c’est la fin de l’année, et on a la chouette guerre contre le corona à gérer ! 😉

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          1. Américains et Russes ont récupéré en Allemagne tous les techniciens qu’ils ont pu pour leurs différents programmes technologiques et scientifiques. Mais les Russes sont passés les premiers et ont récupéré les meilleurs cerveaux.
            Pour ce qui est du corona, c’est le pass le vrai problème. Tu verras, ça prendra bientôt des proportions technologiques hallucinantes…

            Bonne soirée Agathe 🎄😉

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                1. Impossible ! 😉
                  Tu sais, pendant 42 ans j’ai vu des malades tous les jours, contagieux ou moins, sans combinaison d’astronaute ni protection d’aucune sorte, j’ai survécu, et je peux t’affirmer que moins tu touches à la chimie mieux tu te portes ! 😉

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  3. Je suis d’origine polonaise par mes 4 grands parents mais ne comprends par la langue de mes ancêtres pour autant à part la litanie que récitait mon père quand il se tapait sur les doigts en plantant un clou! 😉
    Bonne journée,
    Mo

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    1. Rassure toi Mo, je ne le comprends pas non plus 😉
      Ma mère le parlait mal mais le comprenait mieux, (ma grand-mère avait interdit à ses enfants de l’utiliser), l’interdiction a été reconduite pour ma génération et mon père arrivé en 1945 mettait un point d’honneur à ne parler que français. Il n’a jamais remis les pieds dans son pays après avoir été raflé pendant la guerre… et donc, j’aime la musique de la langue, je comprends quelques mots et parfois des phrases simples (surtout après un petit verre de vodka), je connais les lettres et leur prononciation, un brin de conjugaison, suis nulle en déclinaisons… mais j’abuse de « gogol le traducteur » que je croise parfois avec un autre, et j’ai survécu à 3 séjours en Pologne profonde !!!

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  4. Je ne connais pas le polonais mais j’aime beaucoup Chopin . Ton tango est bien assorti avec la météo de ce jour . Puis-je avouer avoir une préférence pour la musique du tango argentin plus endiablée ? 😉

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    1. Oui, il l’était dimanche aussi !
      Mais je ne l’ai sorti des oubliettes que parce qu’il m’avait réveillée lors du replay de film Raspoutine de Mme J. Dayan, ce qui m’avait permis de relever l’anachronisme. 😉
      Tu as tout à fait le droit de préférer les tangos argentins plus récents, d’ailleurs le commentaire en polonais un peu plus haut dénonce le côté sirupeux de la mélodie et la mièvrerie des paroles (et célèbre l’interprète à la diction parfaite) de cette chanson d’il y a plus de 80 ans ! 😉

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