Pour un p’tit bout de fromage…

… je ferais n’importe quoi… (sur l’air de Pour un flirt avec toi, je serais prêt à tout…!) 😉

Enfant, sans un pas supermarket à proximité (ils n’avaient pas encore commencé à pousser partout comme des champignons), munie du pot-à-lait familial (il était déjà en plastique, signe de modernité), j’allais faire le plein (2 litres par jour) au cul des vaches, le soir à l’heure de la traite, pour pouvoir assurer les petits déjeuners de toute la famille le lendemain… le retour était périlleux, il ne fallait pas trébucher, l’éclairage public n’existait pas encore partout hors centre du bourg ! Il m’incombait, une fois rentrée de le faire bouillir immédiatement pour que nous puissions récolter le matin venu la crème formant une peau en surface, qui, gardée dans un bol au réfrigérateur, servirait pour la purée dominicale et passerait aussi dans une pâte à tarte maison ou un gratin de pommes de terre, et, les jours fastes aux pâtes ! La race bovine locale était une rousse rustique, certes un peu capricieuse, mais dont le lait collecté (une fois tous les bipèdes dépendants servis) partait à la laiterie voisine pour la fabrication du Cantal, ce fromage qui se déclinait en doux, en entre-deux et en affiné pour les puristes qui aiment le fromage qui pique…

Depuis de l’eau a coulé sous les ponts, nous avons quitté la montagne (je revois encore le cèpe qui me faisait un clin d’œil depuis le talus qui surplombait le fossé, au petit matin alors que j’allais au village prendre le bus pour ma journée au collège, et que j’avais, en deux secondes, renoncé -ce fut un déchirement- à cueillir pour ne pas l’écraser dans mon cartable et salir mes chaussures la seule fois où je marchais sur la route au lieu de prendre mon raccourci habituel par les bois) pour la vallée où je n’avais qu’à traverser la route pour être à la ferme… puis les paysans n’ont plus pu vendre de lait directement au consommateur et l’agro-industrie a pris le contrôle, et la suite nous la connaissons tous, ses dérives ont commencé à nous empoisonner ! 😦

Mais, presque la seule bonne chose dans la modernité, les AOP sont arrivées et si le Cantal et ses 3 déclinaisons existe toujours, le lait pour son élaboration doit sûrement être d’origine locale obligatoire, mais sans distinction de la couleur de la robe des vaches, alors que pour le Salers (la rolls des fromages du Cantal) AOP de 2003, je n’ai pas vérifié son cahier des charges… mais je ne pense pas me tromper en disant que ce sont les belles rousses, aux cornes en forme de lyre, qui lui donnent leur lait en exclusivité ! 😉

Et un petit morceau irait fort bien avec ce pain maison au levain naturel, 3/5 farine bise et 2/5 farine 1/2 complète de seigle 😉

14 réflexions sur “Pour un p’tit bout de fromage…

  1. Tu es « vachement » plus vieille que je croyais en fait 🙂
    Merci pour ce point sur le Salers et viens donc en Bretagne pour manger le fromage des Bretonne Pie Noir, ça vaut le déplacement.
    Je m’installe progressivement en Bretagne et l’approvisionnement est l’une de mes priorités. Et vu mes exigences, ce n’est pas facile. Trouver du lait sans emballage plastique par exemple n’est pas une sinécure. Mais je vais à un marché à la ferme en fin d’après-midi et je crois que je vais y trouver ce dont j’ai besoin…

    Aimé par 1 personne

    1. Oui, je sais, je ne fais pas mon âge (parce que je n’ai jamais été une adepte assidue du bronzage).
      Avec un peu de chance tu vas peut-être y trouver un certain Samuel, transfuge de la Corrèze qui vendait le lait à la ferme à l’arrivée de ma sœur dans son département 😉

      Aimé par 1 personne

  2. Voilà qui me ramène à mon enfance où nous, allions à tour de rôle avec mes sœurs chercher le lait à la ferme du Père Gâteau… Ce lait qui lui aussi donnait cette épaisse couche de crème en surface, qui une fois bouilli présentait cette peau dont tu parles… Ma mère en faisait des gâteaux délicieux ! Pour le fromage, on se delectait d’un fromage de chèvre frais (coupé au lait de vache) recouvert d’une bonne louche de crème ! À cette époque, rien ne m’aurait fait reculer devant un tel tableau ! Et le Père et la Mère Gâteau ont vieilli, avant même que cette loi impose d’avoir des règles d’hygiène strictes pour la vente des produits de la ferme… J’ai été élevée au lait frais et cru de ces belles laitières marrons et blanches et jamais indisposée par telle ou telle maladie… Une bonne tartine de pain agrémentée de fromage de chèvre sur un lit de beurre bien jaune recouvert d’une couche de confiture de mûres ? Ça vaut bien une tranche de cantal ! 😋
    (Tu as le don pour me replonger dans mes souvenirs ! 😉)

    Aimé par 3 personnes

    1. Hygiène, voilà que tu nous sors de ces grands mots !… On le savait bien qu’il fallait faire sonner un certain temps l’anti-monte-lait (en pyrex chez nous) dans la casserole ! 😉
      Mais le lait était entier, ils n’avaient pas encore inventé le lait 1/2 écrémé et le pot de crème vendus séparément ! 😉
      Tous les fruits sauvages passaient (s’ils n’étaient pas dégustés sur place) en délicieuses confitures maison, juste sucre et fruits avec parfois une pomme pour la pectine parce que le citron était presque un produit de luxe ! Il est vrai que les fraisiers des bois au bord des routes communales n’étaient pas encore arrosés au glyphosate !
      Bon courage pour la reprise ! ♥

      Aimé par 2 personnes

  3. J’aime bien les reportages sans voix off qui nous disent ce qu’il faut comprendre. Et ces veaux qui répondent à leur prénom quand on les appelle… on devrait montrer ça à tous les mangeurs de steak. Ceci dit, quand on voit l’attention portée par la vache à son petit, on deviendrait bien végan aussi… Et ces gens qui font un travail qu’ils aiment dans des conditions qui leur conviennent depuis 50 ans (même si j’imagine bien que ça a quand même changé) ne se plaignent pas de travailler 7 jours sur 7. Super reportage !

    Aimé par 1 personne

    1. Et quand par chance veaux et vaches partagent le même pré, tu vois les mères rassemblées à l’ombre de grands arbres, en train de papoter d’histoires de vaches tout en ruminant, pendant que les veaux gambadent et jouent ensemble comme des gosses à la récréation… 😉

      Aimé par 3 personnes

  4. Enfant, j’ai connu aussi la quête du lait à la ferme. C’était dans le Pas-de-Calais et je ne connaissais pas la race des vaches qui donnaient ce lait.
    J’avais pour ça un pot en aluminium muni d’une anse et d’un couvercle. Je le faisais bêtement tournoyer au risque de renverser le lait. Par chance, cela ne m’est jamais arrivé. Il doit y avoir un dieu pour les petites sottes. 😉
    A part ça, j’adore les fromages!

    Aimé par 3 personnes

Envie d'en parler ? Utilisez votre clavier ;)

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.