Concentré d’histoires…

Les uns font fortune, les autres perdent tout, mais les bons le resteront même dans l’adversité alors que les méchants le seront encore plus dans le succès, et des frères s’entretueront pour une pépite, telle est la dure loi de la minisérie Into the West de Steven Spielberg, proposée au Replay par => Arte, attention, cela jusqu’au 20 septembre seulement.

Non spécialiste de l’histoire américaine, j’ai pourtant bien aimé la roue des destins croisés de Jacob Wheeler et d’Aimé par les bisons, entre 1825 et 1895, sur fond de migration vers la mythique Californie avec l’appropriation des terres amérindiennes et la résistance des tribus Lakotas, puis la ruée vers l’or, le métal qui rend fou, les massacres, ruses et mensonges, la construction du chemin de fer et souffert avec la politique d’assimilation culturelle.

Spectacle à gros budget datant de 2005, il faut saluer le réalisme des décors sous la houlette de Marek Dobrowolski, on pourrait s’imaginer dans sa propre conquête de l’ouest, avec mention spéciale pour les scènes avec les bisons, mais je noterai un petit bémol toutefois, pour un infime détail dans le dernier épisode de la version française, où l’on recherche George – Voix qui porte, jeune homme bien policé par l’éducation forcée, « parlant français » (Gilbert du Motier, marquis de La Fayette, était bien aux côtés des insurgés américains lors de la guerre d’indépendance, mais au siècle précédent entre 1777 et 1783), cela sonne toujours bizarrement à mon oreille dans une série américaine, et ce, même après une nuit de sommeil ! 😉

L’insulte

Pendant de très nombreuses années j’ai essayé de comprendre l’inextricable situation du Proche-Orient et ses multiples conflits interminables dont on pourrait juste penser que la seule cause serait la création officielle, le 14 mai 1948, de l’état d’Israël, mais, même si l’on remonte à quelques mois plus tôt, c’est-à-dire au vote par l’Organisation des Nations unies (ONU) du plan de partage de la Palestine du 29 novembre 1947, ce n’est pas non plus la date à retenir, pas plus que celle de la déclaration de Balfour, en 1917, établie par l’Angleterre, puissance colonisatrice à l’époque en Palestine, sur fond de démantèlement de l’empire ottoman, tout comme le Grand-Liban (est ses dix-sept communautés religieuses) était sous mandat français officiellement depuis le 1er septembre 1920, mais en pratique bien avant puisque la France de Napoléon III était déjà intervenue en 1860 pour mettre fin aux affrontements entre les Maronites et les Druzes. Je ne suis pas sûre non plus que remonter jusqu’à l’époque des Croisades nous éclairerait d’avantage, la situation géographique de cette voie de passage a certainement tout autant d’importance que l’histoire…

Pour en revenir au sujet du Liban, que l’on appelait la Suisse du Proche-Orient avant les 15 ans de guerre civile (commencée en 1975), on pourrait se limiter comme beaucoup et dire que la situation actuelle est la seule conséquence, sur le long terme, de la dispersion palestinienne après 1948 dans tous les pays arabes voisins, renforcée et entretenue par l’ingérence de quelques voisins via les milices, mais ce serait aussi se leurrer, elle est bien plus complexe que cela, rappelons-nous, en Europe, l’ex-Yougoslavie entre 1918 et 2006, une fondation artificielle regroupant 6 républiques n’ayant pas grand-chose en commun (si on avait laissé leurs peuples vivre leur vie ils se seraient ignorés avec civilité et n’en seraient sûrement pas arrivés au conflit armé), mais, les grandes puissances ont des armées et l’industrie qui les fournit est un facteur (et acteur, bien sûr) décisif dans leur économie, à cela s’ajoutent la fierté de chacun des belligérants et leur entêtement insensé.

C’est une réaction à chaud, un peu confuse certes (cela fait quelques années que mon idéalisme roupille dans ma campagne protégée où les querelles de clocher ne m’atteignent pas), mais, après ce long préambule, je tenais à vous recommander L’insulte, l’excellent film de Ziad Doueiri, qui montre comment la moindre petite étincelle peut facilement mettre le feu aux poudres, film que je viens de visionner en replay sur => Arte, il est disponible (et en français) jusqu’au 19 août.

Autres versions, en allemand, en VO sous-titrée en français, en plus des versions en ces 2 langues, pour malentendants et déficients visuels. Rifaat Torbey en Samir Geagea haranguant ses phalangistes n’est pas très ressemblant, il lui manque la petite moustache, et le portrait de Bachir Gemayel (l’éphémère président, assassiné 3 semaines après son élection), derrière lui, (que je n’ai pas reconnu, mais 1982, c’est bien loin), guère plus…

L’avons-nous vraiment échappé belle ?

Belle question, ou verrons-nous Raymond Poulidor (éternel second du Tour de France) la représentante de la France au Concours de l’Eurovision 2021, rafler la mise à Jacques Anquetil (vainqueur du Tour de France) la représentation italienne du concours, suspectée du pire après la vision (par quelques spécialistes de la chose) d’une position probablement équivoque du chanteur que le discret coup de coude de son batteur semblerait confirmer ? Mystère ! Les médias confirmeront ou non la rumeur… sachant que nous devons déjà organiser le concours Juniors à l’automne 2021 😉

Fin de vote du jury, copie d’écran eurovision.tv

Les votes du public ont propulsé le groupe Måneskin de la 4ème (206 points) à la première place du classement occupée par Gjon Muharremaj (267 points) pour la Suisse devant Barbara Pravi (248 points) pour la France, après addition des votes des professionnels des 39 pays participant à l’aventure !

Après ajout des votes du public, copie d’écran eurovision.tv

Prestation singulière des Italiens certes, mais j’avais un gros faible pour la Bulgarie (11ème) avec le charme discret de Victoria, l’Ukraine (5ème) dont l’univers folklorique singulier de Go_A a piqué ma curiosité, et bien sûr la vision d’une certaine France selon Barbara Pravi.

Mention spéciale pour la prestation décalée de l’Allemagne, c’est sûr ils ne voulaient pas gagner, et pour la représentante de la Russie qui a peut-être (?) dévoilé dans son show le secret des petits pas flottés des ballets russes.

Rafał Brzozowski (co-présentateur du 2020 Junior Eurovision Song Contest le 29 novembre dernier à Varsovie, gagné par Valentina), n’a pas convaincu le jury avec sa prestation en tant que représentant de la Pologne, sa 14ème place lors de la 2ème demi-finale n’était pas suffisante pour se présenter en finale, même classement et même punition lors de la 1ère demi-finale pour la chanteuse Montaigne venant du Commonwealth d’Australie, qui, comme chacun le sait, est en Europe… un peu excentrée quand même, surtout depuis que la mère Grande-Bretagne l’a quittée ! 😉

En géopolitique, ce concours est toujours un beau panier de crabes, qui a vu, entre autres, la Moldavie recevoir 12 points de la Bulgarie et de la Russie, l’Ukraine 12 points de la Lituanie, l’Italie 12 points de la Slovénie et de la Croatie (ainsi que de la Géorgie et de l’Ukraine), Chypre 12 points de la Grèce, l’Albanie 12 points de Malte, la Serbie 12 points de la Macédoine du Nord, la Grèce 12 points de Chypre (et de la France), la Russie 12 points de l’Azerbaïdjan… surtout quand on sait que Manizha est née au Tadjikistan… en résumé, la soupe était égale à elle même, mais les plats suivants toujours immuablement surprenants !!!

Pendant ce temps, alors que le représentant du jury à Reykjavik s’essayait à l’humour (noir) et que je pensais aux nuits que passent les Islandais de la capitale sur les collines autour du volcan en éruption chez eux depuis mi-mars, les habitants de Goma (ville touristique bâtie sur d’anciennes coulées de lave, à l’est de la République démocratique du Congo) fuient vers le Rwanda, la colère de leur volcan Nyiragongo distant d’une vingtaine de kilomètres qui s’est réveillé dans la nuit (dont la dernière éruption en 2002 avait tué environ 250 personnes et détruit 20% de la ville), et dont la coulée se serait, pour l’instant, arrêtée aux portes de la ville.

(Vidéo à regarder sur YouTube)

Je n’arrive pas à retrouver les images d’une exploration scientifique rare (vues récemment) près du lac de lave du cratère… celles-ci datent du mois de mars dernier, date à laquelle le Piton de la Fournaise à La Réunion et le volcan islandais se sont réveillés.

Déjà, à cette époque les observateurs étaient inquiets… pour un certain nombre de raisons !

Mise à jour du 24 mai :

La France n’a pas du tout envie d’organiser le prochain concours de l’Eurovision et ne portera donc pas plainte contre l’Italie si la polémique était confirmée, ouf, la patate chaude est passée et on a jeté le bébé avec l’eau du bain ! 😉

En RDC, l’éruption du volcan serait terminée mais la terre continue d’y trembler, bilan provisoire au moins 20 morts et de nombreux dégâts…

Mise à jour du 25 mai :

Les résultats des tests aux stupéfiants du chanteur du groupe Måneskin sont négatifs et il y a bien eu un verre cassé à leur table, va tutto bene

En RDC, les pertes en vies humaines et dégâts matériels seraient imputables à une défaillance de fonctionnement de l’Observatoire volcanologique de Goma au personnel grandement fictif (de l’ordre de 6 employés sur 7) qui ne serait plus rémunéré et ne disposerait d’aucun budget de fonctionnement, une équipe gouvernementale serait à Goma pour y remédier.

Souvenons-nous…

L’éruption volcanique actuelle en Islande semble totalement différente de celle du volcan Eyjafjallajökull, le 14 avril 2010, dont le nuage de cendres…

… avait grandement perturbé pendant plusieurs jours le trafic aérien dans tout le nord de l’Europe et donc, par conséquent, les obsèques (le 18 avril) du président polonais Lech Kaczyński et de son épouse décédés le 10 avril 2010 à Smolensk avec toute l’élite du pays (ainsi que les membres de l’équipage du Tupolev 154 présidentiel), alors qu’ils se rendaient (ironie de l’Histoire) aux cérémonies commémoratives du 70e anniversaire du massacre de Katyń.

Angela Merkel, Nicolas Sarkozy et Barack Obama, entre autres n’avaient pu se déplacer…

3 mai 1791

Alors que la France en était encore au début de sa révolution (prise de la Bastille 14 juillet 1789, fuite de Varennes 21 juin 1791, prise des Tuileries 10 août 1792, exécution de Louis XVI 21 janvier 1793), Stanislas II Auguste (Stanisław August Poniatowski), dernier roi de Pologne (alors unie à la Lituanie dans la République des Deux Nations) essaie de sauver son pays en adoptant la première Constitution en Europe… c’est jour de fête et une excellente occasion de réviser (un peu) l’hymne national « Mazurek Dąbrowskiego » avec le Chór Piast 😉

Meilleurs souhaits à nos amis Polonais ! 😉

Régionalisme

Sous-titrée en grande partie, cette vidéo de FR3 consacrée au pays du Ségala, outre qu’elle en oublie la partie lotoise, m’amuse beaucoup en ce sens où à la grande époque des bals folks que j’avais eu la velléité de vouloir fréquenter, j’avais à justifier ma naissance dans la région parce que peau trop blanche et cheveux pas franchement bruns… avec des cheveux blancs ma compréhension limitée de la langue me trahirait encore à coup sûr !!!

Mais que l’on ne pleure pas sa disparition… parce qu’exclure ceux qui avaient envie de s’adapter durablement aux particularismes de la région, ce n’est pas ce qui a été fait de mieux pour assurer sa pérennité 😉

La pensée de ce dimanche

Si Gibraltar est un détroit, qui sont les deux autres ?

Pour situer l’endroit et sa problématique, une courte vidéo de France Info…

Les cinéphiles préfèreront le film d’action de Julien Leclercq

Devant ce boulevard de tous les trafics, comment peut-on nous imposer de ne sortir faire nos courses essentielles que munis d’une autorisation de sortie dûment signée ???

Sortez couverts et prenez soin de vous ! ♥

À voir absolument…

… à moins d’être une âme sensible et de détester l’histoire contemporaine, l’excellent travail de Cédric Tourbe, qui n’est pas consacré, comme son titre le laisserait à penser,  au seul massacre de Katyń (village de l’oblast -distant d’une vingtaine de kilomètres- de Smolensk en Russie) en avril 1940, mais dévoile, pour qui les ignorerait, l’existence des autres lieux d’extermination massive et expéditive d’officiers polonais par le NKDV.

Le documentaire, en français, ce qui est extrêmement rare pour tout ce qui est en rapport avec cette tragédie, est disponible sur Arte, en replay, jusqu’au 24 avril 2020. En voici le lien :

=> Les bourreaux de Staline – Katyń, 1940

La prochaine diffusion en direct sera réservée aux courageux et autres insomniaques, le mardi 10 mars à 01h30.

Plus que le massacre en lui-même, sobrement illustré par seulement quelques images du film polonais Katyń, d’Andrzej Wajda, (qui lui, donne aussi un aperçu sur les répercutions du massacre sur les vies des familles des victimes dans leur quotidien bien après la fin de la guerre), le travail de Cédric Tourbe (réalisateur) et Olivia Gomolinski (historienne, spécialiste d’histoire soviétique) remonte aux origines proches (un Polonais vous dira que ce n’est pas assez loin…) avec la création en décembre 1917, juste après la révolution d’Octobre, de la Tchéka, police politique connue pour son combat sans merci contre tous les ennemis supposés du nouveau régime bolchevik, qui s’appellera GPU (Guépéou) entre 1922 et 34, puis sera absorbée par le NKVD qui deviendra le NKGB, puis, en 1954, le KGB, après la mort de Staline et la liquidation de Lavrenti Beria en décembre 1953.

Le secret (aussi couvert par Winston Churchill et Franklin Delano Roosevelt) sur ces massacres sera ensuite bien gardé par Nikita Khrouchtchev, puis Leonid Brejnev qui ordonnera, pour brouiller les pistes, la commémoration annuelle du massacre de Khatyn, un petit village biélorusse dont les habitants ont été brûlés vifs en mars 1943 par les Nazis, le président Nixon en visitera officiellement le monument en 1974.

Seront aussi évoqués le général Wojciech Jaruzelski, les scellés replacés par Mikhaïl Gorbatchev, les grèves de 1988 parties de Gdańsk, en Pologne, suivies de la nomination de Tadeusz Mazowiecki au poste de chef du gouvernement (premier non communiste dans toute l’Europe de l’Est à y accéder) ainsi que l’ultimatum de Jaruzelski qui menaçait d’annuler sa visite officielle à Moscou si le Kremlin ne reconnaissait pas sa responsabilité dans le massacre d’avril 1940. Gorbatchev finira par céder au chantage, aidé, malgré lui, par un article d’universitaires soviétiques désignant le NKVD et Moscou finira par avouer, le 13 avril 1990, dans un bref communiqué rejetant, bien sûr, le crime sur Beria.

C’est finalement Boris Eltsine, après la chute de l’Union soviétique, qui rendra publics et les ordres secrets et la responsabilité soviétique.

Remembrance, le monument pour Katyń, inauguré en 1976, en Angleterre, à partir de la minute 2.21

 

Conférence de presse

… c’était il y a exactement 49 ans et les plus jeunes parmi l’assistance doivent avoir aujourd’hui dans les 80 printemps 😉

ina1967(clic sur l’image ou sur le lien vers le site de l’INA)

Pas de notes, le Général semblait connaître le sujet, mai 1968 n’avait pas encore ébranlé une certaine idée de la France, et l’on ne pensait pas qu’il pourrait engager en avril 1969 son mandat (et le perdre) sur un référendum…