Rénovation en cours

Si le nom de Krosno, était en 2006, tout comme celui de Kotań (sur notre route à l’aller, mais beaucoup trop loin de notre point de chute) et d’ Ulucz (voir => les photos) sur ma liste d’endroits possibles à visiter, les trois coupoles de Piątkowa Ruska (évoquée encore dernièrement => ici) m’ont beaucoup plus inspirée que celle unique d’Ulucz, distante en gros d’une dizaine de kilomètres, et j’aurais été très déçue d’en faire beaucoup plus pour arriver devant cette construction de Królik Wołoski à une quinzaine de kilomètres (à vol d’oiseau) au sud de Krosno…

Source de la copie d’écran : radio.rzeszow.pl

Mais si la brique sous les clochetons ne m’est pas engageante selon mon sens de l’esthétique, la bonne nouvelle est que la restauration de l’édifice a été initiée en 2015, par l’association Stowarzyszenie Królik Wołoski, qu’elle se poursuit lentement parce que le financement est problématiquement à la traîne et que les artisans (bénévoles ?) possédant les techniques spécifiques à ce genre d’entreprise sont rares.

Autre chose, et pour moi d’importance, c’est la mention en fin d’article que l’église gréco-catholique du Transfert des Reliques de St. Nicholas est le seul vestige d’un village Lemko (minorité ruthène de la région) dont la population a été déplacée et qui a été incendié après la Seconde Guerre mondiale.

C’est une tragédie historique, longtemps occultée (les descendants de ces personnes qui ont refait leur vie ailleurs l’ignorent parfois souvent, c’est tabou dans les familles), qui a contribué à transformer le sud de la Podkarpackie en désert peuplé de fantômes (certains revivent grâce à Arkadiusz Andrejkow au travers de ses fresques du => Silent Memorial) ou en réserve animalière selon le point de vue que l’on privilégiera…

NA BANI – Deesis

Mon journal préféré…

Heureusement que la grande majorité des Slovaques ne sait pas que La Dépêche du Midi existe et qu’un de ses journalistes (Jérôme Yager a signé l’article) les a, d’un trait de sa plume, et alors qu’ils ne lui ont très certainement rien demandé, complètement rayés de la carte…

(Source de la copie d’écran : La Dépêche)

Personnellement je suis très contente d’apprendre que la Pologne a enfin une frontière avec la Hongrie (l’oncle de mon père, émigré aux États Unis, bien que né dans un village polonais, avait sur ses documents de voyage la nationalité austro-hongroise) je me coucherai moins bête ce soir… Mais, je ne jetterai la pierre à personne, j’avoue ne pas très douée en histoire et géographie, matières un peu négligées parce qu’il fallait que je me concentre sur l’essence d’une section scientifique, et consulter souvent Google Maps qui est fait pour m’aider à me situer en cas d’imprécision dans ma réflexion.

(Copie d’écran : La Dépêche)

La critique est aisée et l’art difficile, mon capital chance du jour est tel que, comme l’article est réservé aux abonnés dont je ne fais pas partie, je n’aurai donc pas le plaisir de savoir pourquoi les illustres Gérard Sanz et Jean-Pierre Vienne ont choisi la Hongrie pour y livrer le fruit de la collecte carcassonnaise avant de traverser à vide les Carpates (par des routes bucoliques) pour aller ensuite, en toute logique, prendre livraison de quelques réfugiées avec leurs enfants en Pologne sur le parking du supermarché de Przemyśl… sans doute, le plaisir de conjuguer utilité et tourisme, on dira seulement que le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point !

Bonne saint Patrick à tous les Irlandais chez eux, à ceux d’origine et à tous ceux de cœur qui ne rêvent que d’une belle brune bien fraîche dans un pub passablement enfumé comme il y a très, très longtemps ! 😉

Silent Memorial : peinture murale

Ou quand l’art pariétal (même si dans cet exemple le support est en bois) a une signification qui me parle bien plus que la simple guerre des gangs de tagueurs de nos banlieues…

Arkadiusz Andrejkow – Wańkowa (Cichy Memoriał)

À partir d’une photographie, prise dans les années 60, d’une famille déplacée après la guerre, Arkadiusz Andrejkow de Sanok, restitue symboliquement les murs de la ferme abandonnée en 1948 à ceux qui en sont partis sans rien pouvoir emporter… Cichy Memoriał, projet financé par le ministère de la Culture et du Patrimoine national, est un geste qui a du sens à mes yeux ! 😉

D’autres fresques du même artiste dans le blog photographique d’Andrzej Banach merci à lui de les avoir recensées.

Geneviève

Connue pour avoir, en son temps (451), sauvé Paris des Huns d’Attila. Elle est devenue la patronne de la ville, ainsi que celle des gendarmes, et repose à deux pas du Panthéon et de la bibliothèque qui porte son nom, en l’église Saint-Étienne-du-Mont.

Je comprends, à quelques imprécisions, que l’on n’ait pas laissé l’équipe de cette dame filmer l’intérieur. Pour qui voudrait en faire la visite virtuelle, je suggère cette vidéo où les détails illustrent au mieux la splendeur de l’édifice. Un jour, peut-être, je chercherai les rares clichés argentiques que j’ai pu en faire, je dis bien rares, parce qu’une fois à l’intérieur j’oubliais généralement pour quelle raison j’étais venue.

Quelques dames portant ce prénom sont devenues célèbres, dont une Mme de avec un chapeau et parfois un langage qui jure un peu avec la classe dont elle se voudrait une digne représentante. 😉

E pur si muove !

Oui… Et pourtant elle tourne ! C’est ce que se serait dit, dans sa barbe, Galilée en 1633, après avoir renié publiquement sa théorie (selon laquelle la Terre tournait bien autour du Soleil, ce qu’elle continue à faire et qui confirmait alors la théorie de l’héliocentrisme étudiée deux siècles plus tôt par Nicolas Copernic) lors de son procès devant la toute puissante Inquisition.

Cette vision burlesque de Galileo Galilei par la Compagnia dell’Eliseo, n’est pas sans une certaine similitude avec l’étrange univers très médiatique des jumeaux Bogdanov (le reste de la fratrie semble plus discret) dont, compte tenu des lenteurs de l’histoire, et à l’heure où nous apprenons que Grichka n’a pas atteint l’un de leurs objectifs, à savoir : vivre 120 ans, je peux affirmer, presque sans l’ombre d’un doute, que nous ne vérifierons certainement pas la véracité de toutes leurs théories révolutionnaires (sur la fin du monde des Hommes) de notre vivant.

Respect à une famille dans la peine.

To ostatnia niedziela

Incontournable tube polonais d’avant la seconde guerre mondiale (en français : C’est le dernier dimanche), ce tango de 1935 a fait le tour du monde depuis, avec les paroles de Zenon Ludwig Friedwald, sur une musique de Jerzy Petersburski, interprété d’abord par Mieczysław Fogg. Il est aussi, en plus des reprises, utilisé parfois dans sa mouture originale au cinéma…

La dernière fois où j’ai entendu ce thème ? Voyons cela… c’est lui qui m’a réveillée (avec une furieuse envie de rire) lors d’une expérience irrésistiblement soporifique provoquée par le visionnage de la coquette coproduction franco-russe Raspoutine, signée en 2011 par Josée Dayan (en replay sur Arte jusqu’au 18 mars 2022), pour qui, mon profond respect se trouve désormais un poil écorné par cette erreur d’importance puisque Grigori Efimovitch Raspoutine qui a été assassiné le 17 décembre 1916 (les Romanov, eux, l’ont été dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, à Ekaterinbourg), soit 19 ans plus tôt, n’a jamais pu danser sur sa mélodie… J’ignore si Gérard Depardieu l’avait fait avant d’interpréter ce rôle.
Bien sûr, je n’ai pas étudié les autres musiques additionnelles. Elles me parlent beaucoup moins que celle-ci, qui fait partie des titres si mélancoliques qu’on les accuse d’avoir provoqué de nombreux suicides et que, pourtant, je fréquente sans souci de manière régulière depuis le début des années 80, la première du genre étant la hongroise Szomorú vasárnap (Sombre dimanche), du pianiste Rezső Seress sur des paroles de Jávor László, sortie en 1933 (et déjà évoquée ici, qui fut aussi interprétée par Mieczysław Fogg en 1936 sous le titre Smutna niedziela, attention, ça gratte un peu) qui, elle aussi a fait plusieurs fois le tour du monde. 😉

Ne vous laissez pas gagner par la mélancolie, c’est bien le dernier dimanche grisailleux, pour ne pas dire carrément pluvieux, de 2021 (que l’on peut oublier avec le Live d’Amor de 2004 au Grand Rex de Cesaria Evora), mais… Noël est passé, et, bonne nouvelle, les jours rallongent ! 😉

Calligraphie

Très belle vidéo didactique de Serge Mascret consacrée à la calligraphie de Hassan Massoudy dont j’ai, depuis toujours, bien aimé l’élégance du trait, la palette des couleurs et l’éclectisme des citations utilisées.

J’avais lu, en son temps, le livre de Sir Wilfred Thesiger : Les Arabes des marais (Tigre et Euphrate) paru chez Plon dans la collection Terre humaine en 1983, et déjà, à l’époque, l’auteur émettait de sérieuses réserves quant à la survie (à cause de la découverte du pétrole et de la révolution de 1958) de cet écosystème, riche en roseaux, extrêmement fragile.

Il y a eu ensuite, la guerre Iran-Irak entre 1980 et 1988, puis l’assèchement à 90% orchestré par Saddam Hussein, après l’évacuation de ses troupes du Koweit, pour venir à bout des rebelles chiites en 1991 (les digues construites ont été abattues en 2003), et malgré l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco en 2016, les années de sécheresse, les prélèvements légitimes d’eau en amont qu’ils soient faits en Turquie, en Syrie en Iran ou en Irak, la guerre de l’eau déclenchée par Ankara contre le Kurdes de Syrie, le réchauffement de la planète responsable de l’absence de neige dans les montagnes kurdes, le rejet sans traitement des eaux usées de Bagdad directement dans les fleuves, la liste des raisons qui arriveront à rayer à jamais cette zone humide de nos cartes est sans fin, en juillet dernier les poissons y sont morts en masse et la végétation commence aussi à y souffrir d’un excès de salinité. 😦

Ne le ratez pas s’il passe près de chez vous, si tant est qu’il ait en sa possession une belle provision de calames ! 😉