Petit Travail Tranquille

C’était il y a bien longtemps maintenant puisque les Postes, Télégraphes et Téléphones, administration publique française, ont disparu de la circulation le 31 décembre 1990, laissant la place à deux entreprises distinctes qui ont remplacé leurs fonctionnaires partant à la retraite par des employés sous statut de droit privé : France Télécom (Orange, depuis 2013), pour les télécommunications, créée en 1988 (privatisée en 2004), et La Poste en 1991, pour le courrier, la banque de détail et la téléphonie mobile, devenue un « grand n’importe quoi » des plus nébuleux si l’on essaie de s’y retrouver dans toutes ses filiales malgré le dernier slogan en date : Vous simplifier la vie.

Dans ma campagne, inutile d’utiliser, en octobre, la boîte aux lettres la plus proche, parmi celles disséminées sur la commune, pour un courrier écrit dans la matinée et qui doit partir le jour même, la levée est aux aurores, enfin… à l’heure du petit déjeuner d’un retraité qui vit au rythme du soleil souvent occulté par le brouillard de la vallée !

Direction obligatoire, sans tergiversation possible, vers le bureau de poste où la levée est à 15h, mais… surtout ignorez la grande boîte au logotype d’oiseau postal (ou oiseau-flèche) devant la porte, entrez à l’intérieur du bureau (il faut que le préposé travaille un peu car la menace de fermeture est très réelle depuis deux ans) et offrez-vous l’affranchissement au comptoir, vous gagnerez ainsi aisément deux jours à la distribution.

Autre très bonne raison d’ignorer ce collecteur (et aussi, accessoirement d’envisager sérieusement un changement de logo), c’est l’avis placardé devant les deux fentes (et oui, vous faites gratuitement une première opération de tri, et cela ne dérange pas les syndicats) où vous devez glisser vos enveloppes, son usage serait dangereux, genre : la boîte aux lettres mordeuse (le méchant loup aux grandes dents existe-t’il encore ?) ou la herse acérée qui retombe après le passage du pli 😉

Si vous avez récupéré tous vos doigts, en rentrant, vous apprécierez l’offre pléthorique de la friterie ch’tie locale (Yann -qui a ouvert le 1er avril dernier- vient réellement du Nord, mais il fait ses frites en 2 cuissons dans de l’huile et non de la graisse, d’ailleurs des frites à la graisse de canard auraient quel goût ?) à laquelle il a bien rajouté le café mais oublié les glaces de la marque de son mobilier en terrasse !

La sauce Tuche aurait quand même moins de succès que la Samouraï ou la Dallas… qui a dit que l’on s’ennuyait ferme dans nos campagnes ? 😉

Au jardin

Pour une fois, notre quotidien régional me semble raisonnablement utile :

(Source de l’image : La Dépêche du Midi)

Bon, je n’ai pas attendu pour le faire qu’ils me le disent, la météo n’est pas le seul facteur à m’imposer une action concernant l’entretien de mon micro-jardin. Les conditions extrêmes auxquelles il est exposé (tout comme la présence d’un chat qui aime à s’y prélasser au soleil, bien caché dans la végétation) ont généralement la primauté dans mes décisions, ainsi que dans le choix de ce que j’y cultive (ou pas) 😉

Le jour des dernières fois

Pourquoi toujours se gargariser avec nos premières fois, alors que parfois les dernières peuvent vous mettre en joie pour le reste de la journée ? Mes dernières de ce jour sont on ne peut plus simples et concernent mon assiette, que ceux qui sont à la diète changent de trottoir !

Il me restait des pommes de terre, les dernières de la petite récolte 2020, soigneusement choisies, conservées pour la semence (passablement ratatinées parce que je n’ai pas fait mon sillon en 2021) cuites hier soir avec leur peau, je les ai donc épluchées, taillées en cubes et jetées dans une grosse cuillère de graisse de canard pour qu’elles croustillent, j’y ai ajouté la dernière gousse d’ail des 2 tresses que j’ai mises en lactofermentation il y a quelques jours. Ensuite, j’ai battu des œufs dans un bol, je les ai salés, poivrés et pimentés avant d’y ajouter les dernières brèdes (grossièrement hachées) récupérées lors de la récolte et taille hivernale de ma patate chouchou, et j’ai versé le tout sur les pommes de terre dans la poêle. Après juste ce qu’il fallait de cuisson, ce fut un régal, modestement copieux et réconfortant !

S’il ne gèle pas tout de suite, j’aurai sûrement encore quelques repousses pour de futures omelettes, mais plus de violine de Borée (chut, j’ai gardé des graines), la pomme de terre bleue des hauts plateaux ardéchois, c’étaient mes dernières et cette variété est inconnue de mon côté du Massif Central ! 😉

Ensuite, je penserai à mettre en conserve les derniers haricots verts (qui ne deviendront jamais des grains, les températures nocturnes sont trop fraîches) en version cuisinée avec les dernières tomates… je ne sais pas pourquoi ces dernières fois sont si réjouissantes, peut-être parce qu’après la pluie le beau temps finit toujours par revenir ?

Tout est bien qui finit bien

Tout avait, bien sûr, commencé un soir de pleine lune, lors d’une promenade nocturne, par une brève rencontre au détour d’une rue du village…

Bien qu’il était évident que l’animal cherchait le contact, l’échange fut bref, ne voulant pas de scène de ménage à mon retour de la part de mon propre félin domestique, lui-même issu de la rue, qui sonna à ma porte, d’un miaou discret, un soir d’octobre 2015, alors que je fermais mes volets sur rue. J’avais rapidement pesé le pour et le contre en descendant l’escalier pour lui ouvrir, et savais pertinemment que j’en prenais pour 15 à 20 ans de contraintes en échange d’une présence exclusive et ronronnante et de quelques chasses à la mouche (et oui, on ne fait pas que pêcher à la mouche !) ou au papillon (voir l’histoire => ici).

J’avais ensuite retrouvé cet angora, 15 jours plus tard, dans un jardin ami en allant y relever le courrier (et trier ce qui nécessitait une réexpédition des publicités qui pouvaient attendre le retour de leur destinataire) et la maigreur (une peau trop grande sur des os) de l’animal, en comparaison avec mon castré-coin du feu et bien nourri, m’a incitée à lui porter presque quotidiennement un peu de nourriture pour échapper à l’éventualité de le retrouver les pattes raides et de devoir lui creuser une tombe.

A son retour la propriétaire du jardin m’a expliqué que cette présence pleine d’espoir (que la porte de la maison s’ouvre pour elle) lui rappelait de trop mauvais souvenirs des chats errants du village ayant colonisé les lieux du temps des anciens propriétaires, nourris de têtes de poissons généreusement jetées par-dessus le portail par la population locale… et qu’il fallait lui trouver une solution durable.

Nous avons un refuge dans les environs, la responsable, contactée par mes soins devait alerter sa bénévole sur le village, et comme pendant 2 jours celle-ci ne semblait pas joignable, nous avons opté pour la possibilité de capturer l’animal nous-mêmes et de l’amener chez le vétérinaire du bourg voisin où il serait ensuite récupéré pour rejoindre la ferme des rescapés. Dont acte, je suis montée nourrir une dernière fois la minette (c’est une fille), munie de la caisse de transport de mon chat, et comme elle avait confiance en moi, je n’ai eu aucun mal à la mettre en cage, puis dans le coffre qu’elle n’a pas aimé, ayant très bien compris que la propriétaire des lieux ne voulait pas d’elle. Une fois arrivée chez l’homme de l’art la bête n’a plus pipé mot miaulement, comme si elle savait que sa situation allait enfin être sérieusement prise en compte et traitée. Après examen, l’animal, bien convoyé au refuge, est relativement en forme, parfaitement sociable, ni tatoué, ni pucé, on ne pourra donc jamais savoir quel accident dans sa vie lui a fait connaître l’épisode SDF qui s’est bien terminé !

Fort heureusement, je n’ai jamais tenté un rapprochement avec mon animal de compagnie, son poil hérissé quand il a inspecté sa caisse à mon retour m’a confirmé ce que je savais déjà, à savoir qu’il n’est pas du tout disposé à partager sa 2 pattes domestique pas plus que son espace vital ! 😉

Vendanges mécaniques

Il y a bien eu autrefois, en 1971, Orange mécanique, un film d’anticipation britannico-américain écrit et réalisé par Stanley Kubrick, désormais ce sont les vendanges nocturnes qui sont mécaniques, et…

… comme je viens de vérifier si le ronronnement que j’entends le soir quand je tourne les pages de mon livre de chevet était bien le même que celui de cette machine, j’en ai aussi profité pour aller lire le cahier des charges de notre vignoble AOC : pour le Cahors, contrairement à l’Alsace, il n’y a pas de dispositions particulières pour la récolte qui peut donc être manuelle ou mécanique, que le raisin soit destiné à élaborer un vin pétillant (il est à la mode !) ou pas.

C’est l’histoire de quelques jours, mais je suis rassurée, mes oreilles ne se mettent pas à bourdonner dès que je m’allonge et je ne suis pas hypertendue non plus ! 😉

Ensuite nous retrouverons la bonne odeur soufrée qui s’échappera des cuves, puis la vie des humains au cœur du vignoble retrouvera sa douce quiétude (mais pas celle des amphibiens, pour eux cela restera toujours plus compliqué), à moins que l’on ne nous propose un remake de l’épisode Chaos dans le vin noir, de la série télévisée franco-belge Le Sang de la vigne !

Se tenir debout

Nous ne serions pas les seuls à avoir adopté la station verticale et à pouvoir le faire ! 😉

Catherine Lenne, chercheuse en biologie végétale à l’Université Clermont Auvergne étudie (avec ses collègues) la sensibilité et les réponses des arbres face aux stimulations mécaniques, et répond aussi aux questions d’Anna Furic de Radio Saint Vincent, webradio lycéenne de Rennes.

Elle a aussi publié le livre « Dans la peau d’un arbre » aux éditions Belin, destiné au grand public, mais délaisse son blog Des fleurs à notre porte, c’est regrettable, mais il faut bien reconnaître que c’est une activité chronophage et que nos journées ne font que 24h ! 😉

Tatin de courgette

Mes parents qui avaient connu la guerre m’ont appris à ne pas jeter de nourriture, or, je bois tous les jours du tibicos (kéfir d’eau) que je prépare moi-même depuis fin 2016 et fais mon pain au levain dont j’ai lancé une production personnelle mi-mars 2021, alors je me retrouve avec une accumulation de figues et rondelles de citron dépourvues de sucre après la fermentation et du levain en trop à éliminer sans avoir ni poules (il vous en faut au moins 2 ou 3 si vous comptez en adopter), ni cochon à nourrir ! 😉

Comme je ne mange pas des pancakes tous les jours, que je n’ai pas un grand besoin de crackers pour des apéritifs très rares et qu’en plus des figues et rondelles de citron de 2 fabrications successives de kéfir, du levain rejeté lors de ma dernière panification j’avais aussi une 1/2 courgette du jardin (qui ne ressemble pas à celles faméliques du pas supermarket) au réfrigérateur j’ai tout mis à cuire ensemble pour un résultat absolument pas présentable mais irrésistiblement bluffant !

Ceci n’est pas un blog de cuisine (ma page spéciale en gestation est restée au stade de vœu pieux), mais pour les curieux qui n’ont ni poules, ni cochon, et répugnent à jeter voici le détail de l’invention du jour qui m’a servi de goûter accompagné d’un verre de ma boisson pétillante maison, après avoir été nourrir le quadrupède qui n’a que la peau sur les os évoqué lors du billet précédent.

Dans le bocal du levain en trop, rafraîchi modérément la veille avec un peu d’une farine aux noisette, châtaigne et figue, j’ai ajouté du sucre, un œuf, les 3 figues du kéfir et les 3 rondelles de citron fermentées avec leur peau coupées en petits morceaux (elles sont régulièrement réservées au frais dans une boîte en vue d’une utilisation future), 2 cuillères à soupe de grué de cacao, j’ai bien mélangé le tout à la spatule et complété avec un peu de farine pour avoir une bonne consistance de pâte à cake et j’ai réservé le temps de m’occuper du reste de ma préparation expérimentale.

J’ai mis une feuille de papier cuisson dans la lèchefrite du four, puis j’y ai déposé des graines de millet sur lesquelles j’ai soigneusement rangé des lamelles de courgette (je n’ai pas sali la mandoline pour 600g de courgette, mon couteau d’office a suffi), saupoudrées soigneusement de 4 épices, tout comme le deuxième étage de courgette, puis j’ai réparti uniformément sur toute la surface la préparation du bocal et mis à cuire le tout 45 minutes dans un four préchauffé à 170°C ! L’acidité du citron sublime la douceur des courgettes aux 4 épices, les graines croustillent et je n’ai plus de restes au réfrigérateur !

La fin du jambon-beurre-cornichon ?

Qui n’a jamais sacrifié à ce summum de la gastronomie gauloise sur le pouce ?

Mais si l’on ne peut plus faire confiance au leader en matière de jambon tranché à la listeria, devons-nous, pour autant, nous convertir au hamburger aux salmonelles ou à l’ Escherichia coli selon les goûts ?

Rien n’est moins sûr parce qu’il y a aussi des rappels de viande hachée sur le site => Rappel Consommateur, que l’on devrait systématiquement consulter avant d’aller faire ses courses en grande surface.

Toutes les enseignes, spécialistes de la nourriture industrielle sont concernées selon => l’article du journal quotidien, merci à qui ? Peut-être à tous les apprentis-sorciers de l’agro-alimentaire qui veulent toujours plus de profit au détriment de la qualité (les exemples de la vidéo ne sont pas les pires) et de la santé des consommateurs !

Bon appétit à vous ! Chez moi ce sera haricots verts du jardin à l’italienne, je sais, frais cueillis ils sont violets sur la photo, mais verdissent à la cuisson 😉

Quand tout fout le camp…

les pavés de Mai 1968 servent de presse-papiers dans les multinationales.

Mais aussi, et pas que…

Quand on se fout de la morale, le moral est meilleur.

Quand la morale fout le camp, le fric court derrière.

Tout voir, tout entendre, tout savoir, tout prendre pour tout avoir...

Bien, tout ce galimatias ne me dit pas comment gérer la crise existentielle du jour : je m’explique, j’ai une collection odoriférante d’étiquettes de Rocamadour AOP que je colle (pas encore avec ma note après dégustation) au dos du plan du Lot récupéré de mon avant-dernier annuaire-papier (parti en recyclage dans le bac prévu à cet effet), mais… si je savais bien que, depuis le premier confinement, le cahier des charges de ce petit bijou de fromage lotois avait temporairement changé, j’étais loin d’imaginer qu’il pourrait nous revenir d’Andorre (qui ne figure pas sur ma carte) !

Pour avoir eu, en camping sauvage dans la principauté, les sardines de ma tente canadienne arrachées nuitamment par les vaches aux estives qui ne voulaient pas partager leur prairie au bord de l’eau (plus prosaïquement je m’étais posée -et je l’ignorais- sur leur passage pour se mettre à l’abri des orages dans les bois de l’autre côté du ruisseau chantant), je n’y ai jamais vu les femelles d’un quelconque et hasardeux troupeau d’isards près d’une salle de traite… mais rien que des vaches et des chevaux en liberté ! Alors, la maîtrise de l’affinage du cabécou, j’ai de gros méchants doutes ?

Petit conseil, évitez les nuits à la belle étoile en Andorre car ni les vaches (ou les chevaux suivant le versant choisi), ni l’orage ne sont la pire des nuisances, par contre, la circulation incessante sur la carretera general, entre Andorra la Vella et le Pas de la Case, dont vous ne pourrez jamais vous éloigner suffisamment est bruyante et inlassablement répercutée par les montagnes jusqu’à couvrir le gazouillis du ruisseau, là est le vrai problème, quant à l’étiquette elle ne sera pas dans ma collection, j’y renonce, comme à beaucoup de choses de mon pas supermarket local qui avait continué, il y a peu, à écouler son stock de la fromagerie du Quercy malgré le rappel de produit !