Concentré d’histoires…

Les uns font fortune, les autres perdent tout, mais les bons le resteront même dans l’adversité alors que les méchants le seront encore plus dans le succès, et des frères s’entretueront pour une pépite, telle est la dure loi de la minisérie Into the West de Steven Spielberg, proposée au Replay par => Arte, attention, cela jusqu’au 20 septembre seulement.

Non spécialiste de l’histoire américaine, j’ai pourtant bien aimé la roue des destins croisés de Jacob Wheeler et d’Aimé par les bisons, entre 1825 et 1895, sur fond de migration vers la mythique Californie avec l’appropriation des terres amérindiennes et la résistance des tribus Lakotas, puis la ruée vers l’or, le métal qui rend fou, les massacres, ruses et mensonges, la construction du chemin de fer et souffert avec la politique d’assimilation culturelle.

Spectacle à gros budget datant de 2005, il faut saluer le réalisme des décors sous la houlette de Marek Dobrowolski, on pourrait s’imaginer dans sa propre conquête de l’ouest, avec mention spéciale pour les scènes avec les bisons, mais je noterai un petit bémol toutefois, pour un infime détail dans le dernier épisode de la version française, où l’on recherche George – Voix qui porte, jeune homme bien policé par l’éducation forcée, « parlant français » (Gilbert du Motier, marquis de La Fayette, était bien aux côtés des insurgés américains lors de la guerre d’indépendance, mais au siècle précédent entre 1777 et 1783), cela sonne toujours bizarrement à mon oreille dans une série américaine, et ce, même après une nuit de sommeil ! 😉

Devoir de mémoire

Pour les 75 ans, ce jour, de la libération des survivants et de la fermeture du sinistre camp d’Auschwitz, voici le témoignage de Ginette Kolinka (la mère de Richard, batteur du groupe Téléphone) un exemple en 2 parties, présenté par France Culture dans l’émission Une histoire particulière, un récit, parmi tant d’autres…

… la => seconde partie du témoignage.

Ce que l’on ignore le plus souvent… quand on connaît le rôle de ce camp dans la politique d’extermination massive perpétrée par les nazis, c’est, qu’au début de la guerre, il était le centre de triage des jeunes Polonais raflés, sans aucune raison valable sinon celle d’avoir été là au mauvais moment, dans les rues et les campagnes.

Ils y étaient rassemblés, de façon musclée, avant de connaître leur affectation dans les fermes et usines en Allemagne, dans le cadre du travail obligatoire, pour remplacer la main d’œuvre partie prendre les armes.

À la fin de la guerre, ceux qui ont eu l’idée saugrenue de rentrer retrouver leur famille, ont été emprisonnés dès leur arrivée, pour désertion, collusion avec l’ennemi, par les autorités communistes qui ont contrôlé le pays sous tutelle russe, jusqu’à l’époque du général Jaruzelski, et envoyés bien souvent en Sibérie.

D’autres, plus réfléchis, ont choisi de ne plus revoir leur famille… et pris le difficile chemin de l’exil…

 

Jour férié

Si le pont sera bienvenu pour certains, la météo, elle, ne sera pas très clémente cette année, alors à quoi s’occuper ?

Mes dernières tomates vertes ont été converties hier en un chutney aigre-doux (les pieds en ont déjà été coupés à leur base avant d’enlever les tuteurs pour l’hiver) idéalement épicé pour agrémenter une viande blanche, le dernier bouquet de coriandre a été congelé sous vide et j’ai aussi stérilisé quelques pots d’un velouté à la châtaigne-maison, il ne me reste plus qu’à éditer quelques étiquettes pour pouvoir identifier les bocaux sur leur étagère le moment venu, mais cela n’occupera pas ma journée boycott de l’ouverture des commerces les jours fériés, structures qui ne tournent officiellement qu’avec des volontaires contraints…

Alors je cogite, sur la fête de tous les saints (qui précède le jour consacré au souvenir de nos chers disparus), le prénom Toussaint et les célébrités qui le portent… En fait, je n’en connais pas, mis à part un personnage croisé dans un livre sans importance et le prisonnier historique de Napoléon, Toussaint Louverture, originaire de Saint-Domingue (Haïti aujourd’hui, colonie française à l’époque) où il est né en 1743, et mort le 7 avril 1803, en captivité au fort de Joux (dans le Doubs) qui surplombe la cluse de Pontarlier… je présume que sa cellule ne lui donnait pas le loisir de contempler le paysage.

Voici une vidéo qui retrace l’histoire, à connaître, du premier général noir de l’armée française qui mit, en 1791, les colonies à feu et à sang, en prenant la tête de la révolte des esclaves contre les colons blancs. Haïti est devenue, en 1804, la première république noire au monde alors que la France, elle, n’a aboli définitivement l’esclavage qu’en 1848.

Belle journée à vous !

Avril-mai 1940

Le 5 mars 1940, un document officiel signé Lavrenti Beria, demandait à Joseph Staline l’autorisation d’exécuter (une balle dans la nuque puis fosse commune) dans la forêt de Katyn, quelques 4 404 officiers polonais, prisonniers de guerre retenus au camp de Kozielsk, une goutte d’eau sachant qu’environ 250 000 soldats polonais, dont 10 000 officiers, furent faits prisonniers par les Soviétiques…

bouton

Tylko guziki nieugięte
przetrwały śmierć świadkowie zbrodni
z głębin wychodzą na powierzchnię
jedyny pomnik na ich grobie
są aby świadczyć Bóg policzy
i ulituje się nad nimi
lecz jak zmartwychwstać mają ciałem
kiedy są lepką cząstka ziemi
przeleciał ptak przepływa obłok
upada liść kiełkuje ślaz
i cisza jest na wysokościach
i dymi mgłą smoleński las
tylko guziki nieugięte
potężny głos zamilkłych chórów
tylko guziki nieugięte
guziki z płaszczy i mundurów

Guziki (les boutons des uniformes qui ont fait soupçonner la tragédie) poème de Zbigniew Herbert, mis en musique par Przemysław Gintrowski (âmes sensibles, attention aux images d’archives de la vidéo).

Plus supportable, la liste de 650 noms identifiés à Katyn, honorés par Jacek Marcin Kaczmarski…

Ciśnie się do światła niby warstwy skóry,
tłok patrzących twarzy spod ruszonej darni
Spoglądają jedna zza drugiej do góry
ale nie ma ruin, to nie gród wymarły.

Raz odkryte krzyczą zatęchłymi usty
lecą sobie przez ręce wypróchniałe w środku
W rów co nigdy więcej nie będzie już pusty
ale nie ma krzyży, to nie groby przodków

Sprzączki i guziki z orzełkiem ze rdzy
po miskach czerepów robaków gonitwy
Zgniłe zdjęcia pamiątki mapy miast i wsi
ale nie ma broni, to nie pole bitwy

Może wszyscy byli na to samo chorzy
te same nad karkiem okrągłe urazy
Przez które do ziemi dar odpłynął Boży
ale nie ma znaków, że to grób zarazy

Jeszcze rosną drzewa które to widziały
jeszcze ziemia pamięta kształt buta, smak krwi
Niebo zna język w którym komendy padały
nim padły wystrzały którymi wciąż brzmi

Ale to świadkowie żywi więc stronniczy
zresztą by ich słuchać trzeba wejść do zony
Na milczenie tych świadków może Pan ich liczyć
Pan powietrza i ziemi i drzew uwięzionych

Oto świat bez śmierci, świat śmierci bez mordu
świat mordu bez rozkazu, rozkazu bez głosu
świat głosu bez ciała i ciała bez Boga
świat Boga bez imienia, imienia bez losu

Jest tylko jedna taka świata strona
gdzie coś, co nie istnieje wciąż o pomstę woła
gdzie już śmiechem nawet mogiła nie czczona
dół nieominięty dla orła sokoła.

« o pewnym brzasku
w katyńskim lasku
strzelali do nas Sowieci… »

1950, aux eaux de Bordjomi (Géorgie)

Située en Samtskhé-Djavakhétie, la Vichy du Caucase abrite, sept kilomètres vers l’ouest, au bout d’une mauvaise route étroite qui serpente dans la forêt, le palais Likani, au bord de la rivière Kura, résidence d’été du grand-duc Nicolas Mikhaïlovitch de Russie, devenue, à sa mort, propriété d’état fréquentée par les divanprincipaux responsables soviétiques, dont le Père des peuples Iossif Djougachvili, appelé Koba après son premier exil en Sibérie, puis Joseph Vissarionovitch dit Staline.

Lors d’un des réaménagements de la datcha, la salle de bal a été transformée en salle de cinéma pour l’amateur de cognac et de films américains qu’est l’homme d’acier, qui, sur la fin de sa vie, semble hanté par le suicide de Nadejda Allilouïeva, ne fume, dans sa pipe Dunhill qu’il ne nettoie jamais, que du tabac de Géorgie prélevé de la blague que lui a offerte Winston Churchill, et un mystérieux divan a fait son apparition dans le bureau, identique à celui de Freud, le charlatan décadent viennois, à Londres, recouvert des mêmes kilims aux motifs géométriques (sur le canapé et) sur le mur…

Ce qu’il a réclamé, ce sont des livres interdits : L’interprétation des rêves, Histoires de malades et le Conte du Tsar Saltan de Pouchkine…

Sur fond de guerre de Corée, que deviendra le projet de monument d’éternité du camarade-artiste Danilov ? Vous saurez tout en lisant le livre, je n’ai pas vu le film, pas sorti en salle dans ma campagne 😉

Traînée de poudre

Les insurrections dans les Balkans contre l’empire ottoman entre 1875 et 1978, sont partiellement réglées par l’intervention de la Russie et la diplomatie européenne (traité de Berlin de 1878), le feu couve donc qui se manifeste par un coup d’état en Serbie, l’annexion et l’occupation par l’Autriche-Hongrie de la Bosnie-Herzégovine, les guerres balkaniques de 1912 et 1913 suivies d’un découpage arbitraire des territoires qui ne tient pas compte des populations et des nationalités.

Un premier attentat à la grenade perpétré par la Main noire (société secrète nationaliste serbe) échoue, Gavrilo Princip, étudiant serbe de Bosnie, mettant à profit un changement d’itinéraire du cortège, assassine à Sarajevo, le dimanche 28 juin 1914, l’archiduc François-Ferdinand de Habsbourg-Este, héritier du trône austro-hongrois, et son épouse morganatique Sophie Chotek, duchesse de Hohenberg, à la fin d’un voyage d’inspection des armées demandé par l’empereur François-Joseph.

C’est l’élément déclencheur de la déclaration de guerre de l’Autriche-Hongrie contre le Royaume de Serbie suivie par l’escalade vers la Grande guerre, le premier conflit mondial

1914

(Source image : Wikipédia)

… dont les quatre années de guerre se termineront par l’armistice du 11 novembre 1918 signé dans le wagon-restaurant du maréchal Foch, à Rethondes (Oise), en forêt de Compiègne.

C’est un jour férié en France depuis la loi du 24 octobre 1922.

Lecture édifiante

Les plus de 600 pages du livre de Philip Kerr, Les ombres de Katyn, un roman policier pseudo-historique en marge d’un massacre toujours inacceptable ont occupé mes fins de soirées pendant tout l’été…

kat1… et si certains livres sont d’excellents soporifiques, j’avais beaucoup de mal à le poser au bout des 4 pages nécessaires en général à mon endormissement, et ce, malgré les très nombreuses références à la période sombre de l’histoire de l’Allemagne dont le détective Bernie Gunther agrémentait ses réflexions philosophiques.

Toutefois, bien qu’ayant suivi, avec mes minimes connaissances culturelles de ces pays, et sans en rater une miette, les péripéties de l’enquête précédant la révélation au monde dit civilisé (et l’exploitation qu’en ont fait en 1943 les services de la propagande allemande) de l’élimination, au printemps 1940, de l’élite militaire et civile polonaise dans une forêt près de Smolensk, je ne peux recommander cette lecture qu’à celles ou ceux qui ont une certaine idée de ce qui s’est passé pendant et après ce conflit mondial.

kat2Pour les spécialistes de cette époque, qui fouilleraient dans ce blog, j’y ai consigné, à l’occasion, quelques documents concernant le massacre de Katyń et la plus récente catastrophe de Smolensk.

Journal télévisé du 8 août 1939

PAT = Polska Agencja Telegraficzna

1. Polska na szlaku Józefa Piłsudskiego, Kraków 6. VIII 1939 – 25. rocznica Polskiego Czynu Zbrojnego.
2. Prezydent Roosevelt udziela dziennikarzom wywiadu na temat neutralności USA.
3. Nowy polski motorowiec « Chrobry » w porcie w Gdyni. (MF.303)
4. Wydobywanie zatopionego u brzegów USA okrętu podwodnego.
5. Ośrodki wypoczynkowe dla robotników.
6. Widoki z Serbii.
7. Fortyfikacje na wybrzeżu Holandii.
8. Nowy taniec towarzyski (Francja)

La France se passionnait pour une nouvelle danse alors que les hostilités couvaient et que moins d’un mois après le Président du Conseil Edouard Daladier justifiait la mobilisation…