Du manque…

Serais-je, en définitive, véritablement accro au canard, et d’ailleurs, est-ce qu’une telle addiction peut exister ?

Et comment me sevrer d’une furieuse envie d’un magret aux pommes à la sarladaise quand les effets de l’abattage massif des palmipèdes induit par la grippe aviaire provoquent l’arrêt des structures de transformation sur le département ?

Source de la copie d’écran : La Dépêche)

Je n’ai pas la réponse à ces épineuses questions, la seule chose que je peux dire avec certitude est qu’en lisant ce titre, je suis comme un drogué en manque (voyons, c’était quand mon dernier magret ?) et que juste d’y penser j’en ai l’eau à la bouche (je ne suis végétarienne qu’un jour sur deux, et aujourd’hui c’est le jour du marché et donc du poisson) !

Мар’яна Садовська – Ой, Пливe Кача По Тисинi – Plyve kacha po Tysyni – Maryana Sadovska

Cette situation impose, dans mon cellier, le recensement des pots de graisse encore en ma possession ainsi que leur re-cuisson pour en assurer la bonne conservation tout le temps de la limitation raisonnée de son utilisation, car… il n’y aura pas de réapprovisionnement de la ressource avant probablement l’année prochaine ! 😦

Le jasmin des poètes

Vivement qu’il ait fini de neiger des pétales pour que je puisse lui faire une petite coupe… il devient trop imposant et… à cause de lui, les insectes pollinisateurs préfèrent butiner en hauteur (vu qu’ils ont des ailes pour ce faire, alors oui, pourquoi ils s’en priveraient ?) plutôt qu’au ras des pâquerettes sur les fleurs de mes fraisiers, ce que je trouve désolant pour les sorbets et confitures que je ne ferai pas ! 😉

Alors, comme j’aurai moins de roses que d’habitude, et là, c’est la faute à ma fripouille de quadrupède qui m’a arraché quelques bourgeons parce qu’il lui fallait marquer son territoire en se grattant les moustaches sur les tiges taillées à sa portée, et que je sais (merci à la Vieille Chouette) que l’on peut faire un apéritif parfumé aux fleurs de seringa, je me suis dit, pourquoi ne pas tenter un sirop de fleurs, en remplacement de celui à la rose qui sera en quantité limitée cette année ?

Dont acte ! 😉

Mais je vous préviens, c’est longuement fastidieux, presque autant, si ce n’est plus, que la même merveille aux fleurs de sureau noir !

La cueillette se fait dès que vous avez constaté qu’il commence à neiger, signe que la floraison est optimale (trop tôt il n’y aura que des boutons moins intéressants, trop tard, une averse ruinera tous vos espoirs de récolte), en coupant les branches fleuries les plus pleureuses (comme celles du saule), dans l’après-midi, avant l’orage qui menace, pour que les fleurs soient bien sèches, branches que l’on rapatriera à l’ombre…

… près de son salon de jardin, de façon à pouvoir s’asseoir confortablement à côté d’un récipient à la bonne hauteur (inutile de penser pouvoir le mettre sur la table, elle est occupée par l’opportuniste qui en profite pour pioncer sereinement à côté de sa 2-pattes) qui recueillera les fleurs lors du dépiautage systématique des bouts de branches, une fleur après l’autre, en évitant d’y mettre les feuilles et les araignées. 😉

Pas besoin de fond sonore à prévoir, les oiseaux qui vous surveillent du coin de l’œil y pourvoiront et seront amplement suffisants !

Quand vous avez terminé, laissez votre saladier (c’était une soupière, sortie du buffet pour l’aérer un peu) de côté, sur votre table à la cuisine, le temps d’arrimer au jardin tout ce qui pourrait s’envoler si coup de vent, de préparer le seau pour le recueil d’eau de toit et exécuter quelques dernières bricoles indispensables pour profiter d’une soirée aux abris. Là, vous pouvez penser à la musique qui accompagnera, ou pas, le troisième volet de la saga en cours de réalisation !

J’ai choisi d’écouter la version flamenca de Carmen, en replay sur Arte, un film de Carlos Saura (disponible jusqu’au 30 juillet), déjà vu maintes fois, je n’aurai donc pas besoin de l’image pour suivre l’intrique, avec Laura del Sol (Carmen), Antonio Gades (Antonio), Paco de Lucía (Paco) et Marisol (Pepa Flores) dont la bande sonore conviendra parfaitement pour me motiver pour le travail fastidieux (après avoir renversé le contenu de ma soupière sur un torchon et profité qu’elle soit vide pour la peser et noter son poids), de la séparation des pétales du calice qu’il faut ôter, encore fleur après fleur, pour éviter toute amertume dans le produit fini, on en profite aussi pour éliminer les dernières bestioles qui n’ont pas, à ce stade des opérations, compris qu’il y avait réellement péril en la demeure ! 😉

Une fois ceci terminé, la soupière débordante de fleurs l’est beaucoup moins avec uniquement les pétales (les quelques étamines restantes apporteront de la couleur), on la pèse une deuxième fois et par une simple soustraction on obtient leur poids qui nous intéresse et que l’on multipliera par 5 pour avoir celui de l’eau que l’on fera bouillir et versera dans la soupière sur le fruit du labeur presque terminé pour obtenir une infusion parfumée. Filmer hermétiquement et immédiatement le récipient puis laisser en contact pendant 24h et au réfrigérateur après refroidissement suffisant.

Le lendemain, passer au chinois étamine la préparation, bien presser les pétales pour récupérer le maximum d’infusé, le peser, le verser dans une casserole en inox et y ajouter du sucre blanc dans la proportion de 380g de sucre pour 210g de tisane et le dissoudre en chauffant le tout à 80°C maximum, puis verser le sirop en filtrant sur papier (filtre à café) dans des bouteilles stérilisées au préalable. Réserver au frais et consommer raisonnablement, en boisson ou pour aromatiser yaourts, fromage blanc, salades de fruits… Certains mettront moins de sucre et auront pris la précaution d’avoir ajouté un jus de citron à l’infusé, je n’ai pas voulu dénaturer un sirop si délicat par un autre goût, et comme je n’avais pas assez de sucre blanc j’y ai mis un complément en sucre blond, j’ai donc une couleur plus soutenue que celle que je voulais avoir.

Bonne dégustation ! 😉

Des mains toutes douces…

… c’est la meilleure recette de crème pour les mains que je connaisse, celle de la grand-mère d’Olga pour une pâte presque « filo » maison et centenaire, et bien moins difficile à faire que la vraie où il faut jouer du rouleau jusqu’à obtention de l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette ! Un grand merci à elles ! 😉

Pour la réaliser, il faut 750g de farine de blé auxquels on ajoute 1 c. à café de sel puis 600g d’eau ajoutés en plusieurs fois, bien mélanger avant de pétrir manuellement, former une boule que l’on remet dans son saladier, filmer et laisser reposer 10 minutes à température ambiante. Sortir la pâte, la saupoudrer de farine, la travailler à nouveau puis reformer la boule et la partager en 2 parties façonnées en boudin qui seront découpés en 8-9 tronçons que l’on boulera et déposera sur une planche. Dans un plat rectangulaire verser 200 ml de beurre fondu, et faire un disque de chaque boule de pâte, le tremper dans le beurre sur ses 2 faces et les ranger au fur et à mesure dans le plat, filmer et laisser reposer une heure.

Copie décran : Przepisy od Olgi

Pendant ce temps, préparer une farce en mettant de l’huile à chauffer dans une poêle et y faire fondre les tiges d’une botte d’oignons verts (cébettes) découpés en fines rondelles, verser dans un saladier et y ajouter 6 ou 7 œufs durs hachés, saler et poivrer et bien mélanger, réserver.

Prendre un disque de pâte, bien l’étaler en rectangle à la main sur le plan de travail et mettre une cuillère à soupe de farce (au milieu d’un petit côté à 2-3cm du bord) et façonner comme des nems (replier le bord sur la farce, puis les côtés et rouler le tout) que l’on dépose sur une feuille de papier cuisson dans la lèchefrite du four, répéter l’opération jusqu’à épuisement des ingrédients et cuire au four à 200°C pendant 30-35 minutes.

Copie décran : Przepisy od Olgi

Le résultat est très tentant pour l’apéritif avant le barbecue… et les mains toutes douces ! Smacznego! 😉

Bon, c’est bien beau tout cela, mais mon pain aux flocons d’avoine et graines germées réclame toute mon attention, j’y retourne !

La bonne nouvelle du jour…

Difficile de commencer la semaine avec une bonne nouvelle quand tout va mal !

Alors la moins pire du jour sera celle des prévisions de Michel-Édouard Leclerc, le fils d’Édouard Leclerc, des centres commerciaux du même nom, concernant notre petit confort ! 😉

Outre que l’on pourrait facilement détourner l’effet d’annonce en futurs bénéfices pour les importateurs de toilettes lavantes à la japonaise, du fin fond de ma campagne, j’y vois plutôt une subtile manipulation de l’esprit des consommateurs, et ce, pour plus d’efficacité, en période de crise. Parce que la réaction normale sera bien sûr de surstocker, et naturellement qui dit forte demande, dit aussi automatiquement augmentation du prix, et donc tout bon pour qui ?

En bon français, cela se traduit par : les grosses fortunes sont prévoyantes et face à des difficultés possibles, pour maintenir leur train de vie en toutes circonstances elles organisent (aidées aussi par l’Institut national de la consommation) sciemment des pénuries, en se payant le luxe de nous faire culpabiliser ! Trop forts les patrons de la grande distribution qui arrivent à se graisser la patte tout en nous empoisonnant !

Bonne semaine à vous, le bonheur c’est toujours pour demain !

Rocamadour : 35g de pur bonheur pour combien de temps encore ?

La presse régionale m’annonce la prochaine sortie d’un livre que je serais curieuse de feuilleter, histoire de savoir comment l’auteur appréhende les récentes (et prochaines) revues à la dilution de l’uniformité (pour ne pas dire à la perte de caractère du fromage) des contraintes du cahier des charges de ce petit bijou de fromage AOP local.

Copie d’écran : ActuLot du 27 mars

Quand on a déjà croisé des fromages avec l’étiquette hexagonale caractéristique de l’AOP, affinés en Andorre, que l’on sait que 60% du cheptel peut être traité aux hormones (et ce, même chez des fermiers producteurs qui se revendiquent sérieux, mais n’ont pas encore eu la lumineuse idée de nous enfumer en disant avoir divisé leur troupeau et faire venir le bouc 3 fois dans l’année pour étaler les naissances) pour avoir du fromage même pendant l’hiver, saison où le lait des chèvres devrait normalement être réservé à l’alimentation des chevreaux, on est en droit de se poser des questions sur ce que l’on nous vend réellement pour un peu plus d’un euro pièce.

La dernière carte (déc. 2018 ?) des limites de l’AOP, en ma possession, parle d’elle-même puisqu’elle inclut une ferme en Corrèze, trois en Aveyron et une dans le Tarn-et-Garonne, et cela dérange moins la filière que l’attribution de la très rassurante lettre D au classement Nutriscore qui veut exclusivement nous convertir à l’insipide ultra-transformé de l’agroalimentaire et de sa distribution de masse (qui a rappelé quelques lots de produits industriels en février) !

Personnellement je pense restreindre ma consommation aux seuls fermiers producteurs qui respecteront strictement l’obligation du retournement quotidien des grilles pendant les 6 jours d’affinage en cave… et je suis déjà en manque ! 😉

Blaniulus guttulatus

Qui connaît cette bestiole ? Pour agrémenter ma préparation de choux de Bruxelles, n’ayant plus de carottes au réfrigérateur, j’ai mis les pieds dans mon jardin très mouillé où il en reste quelques unes à consommer pour nettoyer l’espace en vue de la prochaine saison. J’avoue que j’ai été surprise de constater les dégâts que pouvait causer cet animal minuscule et très remuant dans les carottes minables de mon jardin de poche ! Et sa découverte chez moi augmente sensiblement la population de ma collection de ravageurs en puissance.

La blaniule mouchetée est un diplopode, en français une espèce de mille-pattes, de l’ordre des iules, originaire d’Eurasie, qui vit dans le sol et se nourrirait de betteraves, de navets, de carottes et aussi… de fraises… j’ai tout faux puisque mes carottes (et navets qui ont disparu corps et biens avant récolte) sont à côté des fraisiers ! 😉

Mais il m’est préférable d’avoir un mille-pattes, mangeur de végétaux, plutôt qu’un Humbertium covidum, le ver plat qui lui, ne fera qu’une bouchée de mes vers de terre indispensables et relativement protégés (bien que j’aie déjà vu ce que j’ai cru être une larve de taupin, normalement phytophage, en combat acharné contre un lombric) car, qui n’a pas regardé les parents merles enseigner à leur progéniture la manière de taper le sol du bec pour faire remonter les vers de leur cachette diurne ! 😉

Selon les sources il faudrait arroser les cultures pour éviter que dame blaniule ne s’attaque à mes légumes-racines, mais elles prolifèreraient dans les sols humides… qui dit vrai ? Par contre je vais peut-être arracher les dernières carottes avant qu’elles ne soient dévorées entièrement !