Lendemains difficiles…

Vous n’avez que jusqu’au premier février pour vous faire une idée de ce qu’ont vécu vos parents ou vos grands-parents après la fin du conflit 1939-1945. Merci au travail de Kurt Mayer, visible sur Arte.

Je n’y ai certes pas trouvé (une seule phrase évoque la tragique situation, toujours occultée, des ressortissants baltes et polonais) toutes les réponses à mes questions (ni d’ailleurs à celles que le décès prématuré de mon père ne m’a pas permis de lui poser -je n’avais que 13 ans- et dont la seule trace de ses lendemains de guerre est une énigmatique photographie avec de parfaits inconnus trouvée dans ses papiers), mais cela m’a permis de comprendre comment son vœu pieux (il n’avait pas d’autre faux-choix entre la prison pour désertion sans avoir fait l’armée -raflé à 15 ans- ou le goulag pour avoir travaillé en tant qu’esclave pour les occupants allemands s’il choisissait de rentrer chez lui en marchant, et le train pour une possible meilleure vie quelque part ailleurs et vers l’ouest) de partir rejoindre son oncle aux USA n’avait pas abouti à un projet couronné des lauriers de la réussite, il y avait trop d’obstacles sur son chemin. Il n’a jamais revu sa sœur et ses frères et n’a pas pu assister aux obsèques de ses parents… 😦

Source de la copie d’écran : Arte

Les conclusions de ce travail sur des archives, peu connues du grand public, ne m’étonnent pas du tout. Les traumatismes subis par les témoins directs ont été invariablement transmis aux générations suivantes (et ce, même de façon inconsciente), enfants et petits-enfants (une pensée à mon jeune frère et à sa fille qui n’ont pas terminé leur visite d’Auschwitz, lequel était, avant de devenir d’extermination, le camp de triage et d’affectation des travailleurs obligatoires, je n’y étais pas, mais n’avais pas pu faire celle du Mémorial Yad Vashem à Jérusalem, j’avais préféré attendre mon groupe en comptant les arbres, vivants, eux !) en portent encore les stigmates notamment ceux qui en sont toujours à se demander qui ils sont réellement, quelle est leur place dans le monde aux frontières arbitraires d’après Yalta, et à quelle identité peuvent-ils se raccrocher quand ils n’ont plus de racines… coucou, c’est tout moi !

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La fin d’une époque

Source de la copie d’écran : La Dépêche

Selon le côté du rideau de fer où nous nous situions, pour nous, il fut celui qui mit fin à la guerre froide et laissa tomber le mur de Berlin, nous lui devons de connaître les mots russes de perestroïka et glasnost, mais cette période fut vécue avec moins d’enthousiasme par certains de ceux qui, de l’autre côté, ont vécu la chute de l’empire soviétique. RIP.

La chute du Mur de Berlin (1989)

Pour qui veut avoir un aperçu de la complexité du personnage, la chaîne Arte rediffuse En aparté, le documentaire de Vitaly Mansky sorti en 2020 (disponible en replay jusqu’au 28 février 2023)…

Femme de conviction

Source de la copie d’écran : La Dépêche du Midi

Blessée lors de l’attentat à la bombe au restaurant le Grand Véfour en décembre 1983, puis condamnée à la double peine par le scandale du sang contaminé, Françoise Rudetzki n’a eu de cesse que les victimes ne soient représentées et entendues (nous lui devons la création de l’association SOS Attentats, la première du genre, dissoute en 2008), et n’a jamais baissé les bras puisqu’elle est à l’origine de la création, en février 2019, du Centre national de ressources et de résilience. Respect et condoléances à sa famille.

Son chant du monde…

Vous savez tous que j’aime beaucoup Jean Lurçat (Vieux documentaire en anglais sur la tapisserie et Jean Lurcat), mais, le jour où j’ai visité l’ancien hôpital Saint-Jean à Angers, où sont exposées les dix pièces de tapisseries réalisées entre 1957 et 1965 qui forment le Chant du Monde, je n’ai pas fait une seule photo, parce que l’éclairage n’était pas bon (j’étais simplement passée à la boutique pour garder une trace de cette visite) et le flash interdit…

Voici quelques explications (en anglais) sur cette œuvre, toujours d’actualité plus de cinquante ans plus tard…

Le Chant du Monde by Jean Lurcat – The Song of the World – by Jean Lurcat.avi

Composée, en son temps, comme la version modernisée de la Tenture de l’Apocalypse (selon St Jean, dite d’Angers et conservée au château en bordure de la Maine), tissée au XIVe siècle (et dont des fragments ont été retrouvés et inventoriés à Paris, en avril 2020 lors du premier confinement covid-19), je ne peux m’empêcher de penser qu’un lendemain qui ne chante pas vraiment (et que je me promets de ne pas trop commenter) mais est raisonnablement moins pire, peut servir de très bonne occasion pour contempler les avertissements répétés contre les méfaits de notre folie émis par nos prédécesseurs sur cette terre…

Pour qui voudrait feuilleter l’ouvrage imagé de Gérard Denizeau consacré au Chant du Monde, c’est => par ici.

Histoire de la tapisserie de l’Apocalypse

En un mot, si, par le plus grand des hasards, vos pas vous mènent en Anjou, prenez le temps d’y bien vivre, sa capitale mérite certes que l’on s’y arrête, mais vous y trouverez aussi bien d’autres pépites pas très bien cachées ! 😉

Musée Jean-Lurçat à Angers

Bonne semaine à vous, nous restons en Europe, nous pouvons encore continuer à mâcher du chewing-gum et n’avons pas besoin (pour l’instant) d’apprendre le russe ! ♥

Livraison

Cela devait fatalement arriver, depuis mon auto-exclusion volontaire de la bibliothèque municipale, les grilles de mots croisés, fléchés, sudoku, dans mon lit avant de m’endormir ne fonctionnent pas aussi bien qu’un livre… et oui, j’ai craqué, et me suis offert, lors de mes dernières courses au pas supermarket local, un polar de trois ans, dont le sujet lui, ne date pas encore, si tant est qu’il le fasse un jour…

(Source de la copie d’écran : Babelio, Olivier Norek)

… et donc, avant de sombrer dans les bras de Morphée, sous mes plumes et le toit qui nous protège, je fais un détour par la grisaille de jungle de Calais, certes démantelée en 2016, mais, pour les sans-droits qui la peuplaient et les nouveaux qui y sont arrivés depuis, je doute fort qu’une solution convenable ait, un jour, été trouvée.

Cette vidéo du sketch, au final, assez bien ficelé, de Francois Pirette (humouriste belge) trouvée par hasard, ce jour, illustre parfaitement le sujet de ce livre (bon, il est vrai, Adam Sarkis, n’a qu’un enfant et n’était pas, dans son pays, professeur de français mais officier de police), et ce, même si, devant le tragique de leur situation, je ne suis plus, actuellement, très sûre que nous puissions, en toutes circonstances, toujours rire de tout !

Du jour

Entre le temps de saison, les jours qui raccourcissent, le virus à couronne qui nous mène la vie au moins aussi dure que ne le font nos décideurs qui veulent nous faire croire qu’ils vont gagner la bataille, vous ne pourrez pas échapper à la morosité de ce jour ! 😉

Petit rappel du pourquoi du comment :

Pour plus d’informations, en l’absence des derniers « poilus », sur les festivités de ce jour férié, un petit tour sur le site officiel s’impose ! 😉

Alors que j’en vois certains sombrer dans une déprime profonde, je me sens d’humeur plutôt guillerette, non que je ne respecte pas la solennité du jour (je peux très bien entonner La Marseillaise au chant du coq), mais, outre le fait que j’ai toujours adoré braver la météo pluvieuse et venteuse propre à ce mois en sachant qu’une fois la porte fermée je retrouverai la douceur du foyer et un bol de soupe chaude revigorante, c’est parce qu’après avoir très rapidement évoqué les vicissitudes de la vie de mon père, je vais pouvoir vous parler de la seule grand-mère qu’il m’a été donné de connaître, celle côté maternel.

Née ailleurs, le 11 novembre était la date de son anniversaire, elle avait quitté son pays avec sa sœur, parce que leur père veuf s’était remarié et qu’elles ne s’entendaient pas avec leur belle-mère. Après une première destination commune, elles s’étaient séparées, l’une partant au Canada et l’autre choisissant la France où elle a fait souche… avant de tirer sa révérence, ironie de son histoire, un 14 juillet ! Combien d’entre nous peuvent se targuer d’avoir eu une grand-mère aussi patriote ?