Denis

J’aime assez la définition de Wikipédia qui dit que ce prénom :

est issu du grec Διονύσιος (Dionysos) via le latin Dionysius… le dieu de la vigne, du vin et du délire extatique…

Pour autant qu’il me souvienne, l’essor de la civilisation grecque aurait précédé l’expansion de l’empire romain, je peux bien sûr me tromper ! 😉

Le jour des dernières fois

Pourquoi toujours se gargariser avec nos premières fois, alors que parfois les dernières peuvent vous mettre en joie pour le reste de la journée ? Mes dernières de ce jour sont on ne peut plus simples et concernent mon assiette, que ceux qui sont à la diète changent de trottoir !

Il me restait des pommes de terre, les dernières de la petite récolte 2020, soigneusement choisies, conservées pour la semence (passablement ratatinées parce que je n’ai pas fait mon sillon en 2021) cuites hier soir avec leur peau, je les ai donc épluchées, taillées en cubes et jetées dans une grosse cuillère de graisse de canard pour qu’elles croustillent, j’y ai ajouté la dernière gousse d’ail des 2 tresses que j’ai mises en lactofermentation il y a quelques jours. Ensuite, j’ai battu des œufs dans un bol, je les ai salés, poivrés et pimentés avant d’y ajouter les dernières brèdes (grossièrement hachées) récupérées lors de la récolte et taille hivernale de ma patate chouchou, et j’ai versé le tout sur les pommes de terre dans la poêle. Après juste ce qu’il fallait de cuisson, ce fut un régal, modestement copieux et réconfortant !

S’il ne gèle pas tout de suite, j’aurai sûrement encore quelques repousses pour de futures omelettes, mais plus de violine de Borée (chut, j’ai gardé des graines), la pomme de terre bleue des hauts plateaux ardéchois, c’étaient mes dernières et cette variété est inconnue de mon côté du Massif Central ! 😉

Ensuite, je penserai à mettre en conserve les derniers haricots verts (qui ne deviendront jamais des grains, les températures nocturnes sont trop fraîches) en version cuisinée avec les dernières tomates… je ne sais pas pourquoi ces dernières fois sont si réjouissantes, peut-être parce qu’après la pluie le beau temps finit toujours par revenir ?

Vendanges mécaniques

Il y a bien eu autrefois, en 1971, Orange mécanique, un film d’anticipation britannico-américain écrit et réalisé par Stanley Kubrick, désormais ce sont les vendanges nocturnes qui sont mécaniques, et…

… comme je viens de vérifier si le ronronnement que j’entends le soir quand je tourne les pages de mon livre de chevet était bien le même que celui de cette machine, j’en ai aussi profité pour aller lire le cahier des charges de notre vignoble AOC : pour le Cahors, contrairement à l’Alsace, il n’y a pas de dispositions particulières pour la récolte qui peut donc être manuelle ou mécanique, que le raisin soit destiné à élaborer un vin pétillant (il est à la mode !) ou pas.

C’est l’histoire de quelques jours, mais je suis rassurée, mes oreilles ne se mettent pas à bourdonner dès que je m’allonge et je ne suis pas hypertendue non plus ! 😉

Ensuite nous retrouverons la bonne odeur soufrée qui s’échappera des cuves, puis la vie des humains au cœur du vignoble retrouvera sa douce quiétude (mais pas celle des amphibiens, pour eux cela restera toujours plus compliqué), à moins que l’on ne nous propose un remake de l’épisode Chaos dans le vin noir, de la série télévisée franco-belge Le Sang de la vigne !

SO₂ en approche…

Chouette ! En crachant mes poumons grâce à l’arrivée annoncée de dioxyde de soufre (dont on connaît bien l’odeur en région viticole) en provenance des Canaries, je vais peut-être virer, par la même occasion, quelques virus non identifiés ?

Vous ai-je déjà dit qu’enfant j’avais très peur, à en faire des cauchemars, qu’un volcan ne pousse comme un champignon dans le jardin ? Il est étonnant qu’ils arrivent encore à me fasciner ! Voici une vidéo de l’Instituto Geológico y Minero de España, rien qu’à la regarder j’ai la gorge qui gratte !

Pardon, si je n’ai pas encore parlé du réveil du Cumbre Vieja, ni compati à la détresse de celles et ceux qui sont aux premières loges, mais ici, c’est encore la saison des récoltes diverses à conserver pour l’hiver, chacun a ses propres urgences à gérer, il me faudra simplement penser à couper temporairement la VMC et fermer les fenêtres. Prenez soin de vous !

Tôt ce matin

Pour rafraîchir les pièces à l’étage j’ai ouvert les volets en grand, le ciel était tout rouge, mais le temps que je descende chercher l’APN, il n’était plus de la même couleur…

… signe qu’à l’arrêt du vent d’autan nous aurons un peu de pluie pour les vendanges ?

De la confiance…

Tout le monde sait le grand bien que m’inspire mon pas supermarket local (c’est révélateur, mais je m’interrogeais encore ce matin sur le comment son propriétaire avait fait pour penser pouvoir y écouler un lot conséquent de farine polonaise en fin de possibilité d’être commercialisé, resté en rayon plus d’un mois après sa DLUO, et d’ailleurs dans quels biscuits industriels de la marque-repère de l’enseigne cette farine est-elle passée ?), mais je ne m’étais pas encore posé de question sur l’ambitieuse boutique-primeur (et plus) du village ouverte l’an dernier après le premier confinement…

Les nouveaux propriétaires avaient avoué à la presse locale que leur projet de vie saine était le fruit d’une reconversion professionnelle… soit, entre les lignes, « nous ne sommes pas du métier et nous n’y connaissons rien », mais comme il ne faut qu’un capital (le CAP primeur n’est pas obligatoire, alors que celui de boulanger l’est pour ouvrir une boulangerie) et accessoirement une bonne connaissance de la réglementation sanitaire en vigueur, pour ouvrir un magasin de primeurs, alors on tente… un peu plus d’un an plus tard qu’en est-il ?

Si globalement c’est resté ordonné et correct, ils ont toutefois dû s’adapter à une clientèle très traditionaliste et revoir à la baisse leur envie de partager une certaine ouverture d’esprit propre aux gens habitués au brassage culturel de la ville dans une terre vigneronne (dont les gros propriétaires eux, ne consomment pas dans la commune) qui ne jure que par le vin et le canard d’ici, et qui, à mon arrivée dans le village, n’avait jamais goûté à un litchi (j’avais dû les commander à leur prédécesseur de l’époque) mon fruit-plaisir au moment des fêtes de fin d’année, sans parler de toutes les fantaisies et lubies culinaires dont je suis friande et coutumière 😉

Par contre, après s’être faits avoir par leurs fournisseurs qui leur ont vendu sans scrupule la marchandise dédaignée par les primeurs de métier, plus regardants et attentifs à la maturité de leurs fruits, je trouve qu’ils se sont un peu améliorés (les melons sont cette année comestibles, contrairement à l’an dernier où j’avais tenté la tarte au melon et la confiture autres fruits et melon pour ne pas les mettre au compost), même dans l’art d’emballer correctement les petits rocamadours, et aussi malheureusement bien adaptés à certaines pratiques commerciales douteuses et risquent ainsi de perdre leur capital confiance : si je suis une adepte de l’achat « au plateau » de fruits qui n’aiment pas être manipulés (habitude privilégiée par le prédécesseur déjà cité, qui exposait des piles de petits plateaux pour les vendre) cela ne veut pas dire que je ne sais pas ce qu’est une tare, et que 70g ici, plus 60g par-là, au final cela fait une pêche en moins, que j’ai payée (en CB, et sans ticket de caisse, là aussi, je veux bien qu’ils économisent sur les impressions de papier, mais cette pratique est louche) et que je ne mangerai pas, ni que je ne sais pas qu’une DLUO avril 2021 ne devrait plus être en rayon en août, bon, je vais relativiser compte-tenu de l’été pourri que nous avons, il n’y aura pas de miel cette année, et je préfère un bon miel périmé à un miel au sirop de glucose vendu à prix d’or (bien que je ne sois pas 100% sûre de mon dernier achat, j’ai dans ma réserve secrète le dernier pot de la même variété de miel habituellement liquide, acheté à un producteur local, il a perdu ses abeilles depuis, qui, bien que plus périmé est moins granuleux) qui va envahir les rayons à très grande échelle ! 😉

Ceci dit, comme tout le monde ment… des plus hauts dignitaires du pays au citoyen lambda, alors je vais peser mes plateaux vides, noter leur poids (suivant qu’il s’agisse ou non de carton, avec et sans les alvéoles en plastique) sur un post-it que je leur donnerai à ma prochaine visite sans commentaire (juste une petite attention bienveillante, on ne peut pas tout savoir) et signalerai que le rayon du miel est à revoir… en attendant, musique avec Les amants du $aint-Argent par Accordémon, le troubadour élevé à l’air libre dans notre sud-ouest !

Optimisme

Alors que nous manquons cruellement de commerces de base, style une vraie boucherie (le local de celui qui venait d’ouvrir depuis un mois quand je suis arrivée au village et a fermé en mars 2018, est toujours disponible même si tout le matériel a été vendu), un pâtissier qui ferait de vrais gâteaux, un boulanger qui se dispenserait des additifs dans son pain, une supérette qui nous vendrait des produits locaux, on ne parle pas de vêtements, ni de chaussures (on a un minimum de choix entre la jardinerie et le pas supermarché), une nouvelle boutique vient de s’installer dans le local de l’ancien magasin d’électroménager, devenu ensuite réserve de celui du village voisin puis, après un temps de vacance, atelier de sérigraphie-imprimerie de publicité et autre signalétique.

Un commerce essentiel, qui nous faisait défaut est donc arrivé, et il bénéficierait de certains appuis parce qu’en 15 jours, le libre stationnement est devenu interdit devant l’entrée des marchandises et réglementé (limité à 15 minutes) devant celle du public, il ne va pas falloir traîner dans les rayons de notre nouvelle Échoppe Bien-Être !

La question est, combien de temps aurons-nous pour nous consoler (de l’absence de produits de bouche corrects) avec des gadgets ésotériques pas franchement indispensables ? Un an, deux ans, plus ? Est-ce une vitrine physique pour un commerce en ligne qui rendra l’enseigne pérenne ? Mystère !

Il est vrai qu’en temps de crise nous avons grand besoin de charlatans pour nous dire de quoi demain sera fait ! 😉

En gare de Cahors…

Lointaine époque que celle de mon baccalauréat à Cahors… l’histoire familiale personnelle avait fait, qu’avec d’autres lycéens non accompagnés par leurs parents le jour J, j’avais dû rejoindre un hébergement religieux la veille (peut-être avec un trajet commun en bus ?), passer les épreuves écrites le lendemain, je ne sais plus à quel endroit dans la ville, puis devoir y retourner pour les oraux par mes propres moyens, et rentrer seule après, en train cette fois, un jour de grève SNCF, alors que nous n’utilisions plus qu’occasionnellement ce mode de transport !

Cela avait voulu dire, aller à Brive-la-Gaillarde, par le train de 6h en provenance d’Aurillac (ligne actuellement en travaux), prendre la correspondance pour Toulouse et descendre à Cahors, me présenter aux épreuves orales en croisant les doigts pour avoir tout terminé à temps pour que je puisse prendre le train-retour et rentrer chez moi avant minuit… mais, suite à la grève des cheminots, j’avais dû prendre, sur les injonctions d’un guichetier excédé, un train pour une autre direction que la mienne, dont je ne connaissais pas le trajet, ne sachant pas qu’il y avait 2 gares St Denis différentes (-Catus et -près-Martel), aucun préposé à casquette pour me renseigner, ni de plan pour visualiser le trajet, et c’est ainsi que j’avais passé la moitié de la nuit sur un banc sur le quai (salle d’attente fermée) à St Denis-Catus, puis pris le 1er train qui s’était arrêté sans savoir où il allait, pour échapper à un rôdeur qui m’importunait, descendre dès que possible, et, avec un peu de chance, dans un endroit que je connaissais (St Denis-près-Martel ou Brive) et y attendre le train pour Aurillac qui me laisserait à 5h du matin dans mon village de l’époque (l’angoisse de ma mère quand on sait que l’on vivait encore au rythme des échanges par courrier et que téléphones privés et cabines publiques étaient très rares dans nos campagnes)…

(Source de l’image QuercyRail)

Cette gare est aujourd’hui devenue faussement célèbre (selon La Dépêche du Midi) car les lycéens qui n’ont pas été séduits par l’un des 3 sujets de dissertation proposés, ont dû plancher pendant 4 heures lors de l’épreuve anticipée de français, sur un poème de Valéry Larbaud (1881-1957) publié en 1913 qui immortalisait l’ancienne gare (désaffectée et transformée ensuite en logements, puis en médiathèque) en service entre 1869 et 1884 sur la ligne Libos-Cahors (extension vers Agen, puis Bordeaux), avant la construction en 1884 du bâtiment actuel pour la ligne Montauban-Brive (devenue POLT, soit Paris-Orléans-Limoges-Toulouse, à l’évolution toujours passablement incertaine puisque non TGV).

Pour moi, un siècle plus tard et toujours un air de déjà vu, l’avenir de la ligne POLT est un sujet sensible, malgré les belles promesses de nos politiques, on veut absolument nous faire passer par Bordeaux ou par Lyon selon notre destination dans le département du Lot, alors qu’elle fonctionnait très bien à l’heure du train Le Capitole…

… oui, je sais, je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître !

Par contre, il ne faut pas croire que l’Occitanie soit la seule région concernée, essayez d’aller de Cahors à Saumur, par la POLT en descendant à Orléans (à défaut de Vierzon où il n’y avait pas la correspondance)…

… sans passer par Bordeaux, Paris, Le Mans et Angers, c’est passionnant, autant dans un sens que dans l’autre pour le retour (pour ne pas dire usant et même franchement désespérant !) 😉

C’est nouveau !!!

Il s’agit d’une farine de blé T80 bio, originaire du Gers, sans un grain de blé, mais… à la mangue, à la pomme et à la poire !!!

N’allez pas croire que la farine c’est ce qui occupe mes journées de confinement, c’est juste l’ingrédient principal de mes expériences de panification au levain-maison, mais il se trouve que j’ai juste voulu voir si le directeur de mon pas supermarket local (où il ne vient jamais) vendait de la farine de Pologne dans le magasin du village d’à côté, où il serait présent plus souvent, et comme j’ai trouvé cette perle, je n’ai pas pu résister 😉

Pour la petite histoire ce Monsieur était propriétaire d’une supérette de la même enseigne à 25km de chez moi, et il a racheté le magasin du village d’à côté qu’il convoitait depuis longtemps, mais dans le deal, le rachat du devenu pas supermarket local était obligatoire puisque le vendeur (un couple et chacun gérait son affaire) possédait les 2 adresses et habitait à mi-chemin entre ses 2 lieux de travail (or l’acheteur ne voulait pas de l’annexe et on le constate tous les jours)… la question c’est : en combien de temps il arrivera à le faire couler pour pouvoir le fermer ?

Récoltes printanières

Un petit tour dans la nature, dans un rayon de 10km maximum autour de chez vous, bien sûr, pour occuper notre énième confinement vraisemblablement à rallonge…

… enfin, tant que le loup coronavirus n’y est pas 😉

Je viens d’identifier, dans mon jardinet de ville, un pied de cerfeuil des bois, arrivé par pur hasard, ainsi qu’un pied de bardane, et donc un grand merci au cueilleur avisé Christophe de Hody qui met en ligne sa science botanique 😉

Pour qui a déjà lu quelques critiques contre le pas supermarket du village qui s’est inscrit comme « producteur régional » sur le site initié par Mme Delga Tous Occitariens (je consomme solidaire), il m’a fallu attendre 1/2h, hier, et déranger 2 personnes pour y récupérer un colis lâchement abandonné par un transporteur peu scrupuleux (qui a manuscritement noté « Avisé » sur le colis alors qu’il n’a jamais téléphoné pour me prévenir et que le mail m’annonçant le départ du colis le 12 avril comportait un lien de suivi qui lui me disait « Colis livré » le 8…), et donc, à devoir sortir, j’en ai profité pour craquer sur un paquet de farine on ne peut plus local et à peine (depuis un mois) périmé !!!

Et comme c’est prévisible, le propriétaire du magasin… n’est pas là quand on appelle pour le lui signaler ! Serait-il présent s’il me prenait l’envie d’aviser directement les services compétents, ticket de caisse en main pour preuve ?

Ceci dit, je n’ai acheté ce paquet de farine que parce qu’au fond de ma campagne un paquet de farine polonais c’est rare, périmé d’un mois ce n’est pas mortel (pas plus que la Covid !) à moins de manger de la brioche crue, j’ai d’ailleurs aussi des fonds de paquets de farines de meuniers périmées depuis plus longtemps dans mes bocaux 😉

Fort heureusement, pour compenser, j’ai vu du lilas en fleur et un magnifique arbre de Judée…