Dans ce domaine, les nouvelles ne sont pas vraiment très fraîches, la boîte à livres locale (bien qu’officiellement dépendante de la bibliothèque municipale) étant ravitaillée par les corbeaux et l’offre parfois très décevante.
Ainsi, la dernière fois où je suis allée y faire mon petit tour, je n’avais le choix qu’entre des livres en flamand, que je ne pratique pas du tout, bien que l’exotisme des sonorités m’amuse, des livres de développement personnel que je ne goûte pas du tout, quelques titres en anglais dont je n’ai pas envie et cette merveille d’un auteur de l’Académie dont je n’avais encore rien lu, tellement son modernisme me faisait peur !
Oui, aussi étrange que cela puisse paraître, j’ai donc attendu un âge raisonnable pour m’attaquer à ce chef-d’œuvre de la littérature française, et j’ai eu beaucoup de mal à l’apprivoiser… D’abord, le papier jauni, ensuite l’année de l’impression (1940), celle des huit pages de la préface (1907) déjà truffées de références en bas de page et d’allusions incompréhensibles, j’avoue avoir hésité à le garder un certain temps, sans même l’ouvrir, avant de le ramener à sa boîte !
Fiction historique hautement satirique, il nous dépeint une chronologie d’une France parodique, à la fois fictive et émaillée de quelques vérités, masquée sous des noms de fantaisie au milieu de références on ne peut plus classiques (difficiles à décrypter de nos jours car seulement connues de quelques spécialistes), elle pourrait se résumer à l’affrontement entre les pouvoirs spirituel et temporel à travers les âges (la loi de séparation des Églises et de l’État ne date que de 1905).
J’ai cru identifier la Guerre de Cent Ans qui aurait opposé les Pingouins et les Marsouins, et je n’ai reconnu le génie qu’à partir du livre IV, Les temps modernes où sont abordées la Révolution, suivie de l’Empire, mais surtout de la Restauration, puis la Commune, et enfin, dans le livre VI, le procès Dreyfus avec un Émile Zola très remuant. Les histoires d’alcôve d’un quelconque président ou de hauts dignitaires m’ont laissée de marbre et ne constituent pas une fin recevable…
Une lecture que je ne vous recommande qu’à vos risques et périls, essayez peut-être, d’abord, l’analyse de Belphegor, et si vous y avez survécu vous pourrez vous y risquer ? Quant à ceux qui sont définitivement fâchés avec l’histoire, qu’elle soit petite ou grande, ils peuvent toujours en lire le résumé de Babelio et les commentaires avant de s’infliger une telle punition ! 😉