Tableau

Longtemps ce mot n’a évoqué dans ma petite tête que le panneau mural noir, sur lequel on écrivait à la craie. Plus tard, alors que le support mural pour pendre les clés n’existait pas chez nous, que le tableau d’affichage n’était pas encore un moyen de communication et que le tableau de bord de l’Aronde ne m’inspirait pas autre chose que de la curiosité quant à la vitesse à laquelle nous roulions, est arrivée, en cadeau pour l’achat d’une salle à manger complète chez un marchand de meubles du nord du département, la seule œuvre picturale encadrée que je n’ai jamais vue accrochée à un quelconque mur des adresses successives que nous avions occupées. Cette reproduction d’un Millet (1814-1875) dont je ne saurais préciser s’il s’agissait de l’Angélus ou des Glaneuses, a toujours été posée sur le dessus du buffet et ainsi soustraite à la curiosité de nos petites mains pas toujours très propres ! J’ignore qui en a hérité et si elle a enfin connu le confort d’un mur accueillant ou bien banalement fini dans une cheminée ou un insert !

Ce sera donc cette photo scolaire d’un temps révolu, au visage masqué par mes soins, qui illustrera mon propos du jour, car n’étant que rarement sensible à une croûte sur une toile, fut-elle La Joconde (dont la notoriété m’étonnera toujours), il n’y a qu’un chemin dans une forêt automnale (véritable mais non coté), sur un mur chez moi (que je m’étais promis d’encadrer un jour prochain, mais pas encore arrivé) qui ait trouvé temporairement grâce à mes yeux… et dont je m’interroge parfois sur l’opportunité d’un ajout (ou pas) de ma part d’animaux non vus par l’artiste originel ! L’émotion picturale doit être initiée dans l’enfance ou elle n’est pas, une chouette tapisserie de Lurçat (hors de mes moyens) me parlera davantage que le tableau Excel que je remplis tous les jours soigneusement ! 😉

Bon samedi à vous ! ♥